Les jeunes et le goût du risque : A fond la caisse même si ça casse !





Il semble que bon nombre de jeunes affectionnent le goût du risque. Challenge, triomphe et défi mobilisent cette gent en quête d’un maximum de sensations fortes... Du coup, ils poussent l’audace jusqu’à l’imprudence ! Et nous remarquons un engouement de plus en plus notoire pour les sports mécaniques, les rodéos, la vitesse... Que cherchent à prouver justement ces jeunes qui s’adonnent à des jeux dangereux ? Témoignages Tunis - Le Quotidien A leurs risques et périls, nombre de jeunes se jettent dans “la gueule du loup”. Régulant leur rythme à plus de 100 km à l’heure, ils semblent croire à l’adage: “Qui ne risque rien, n’a rien”. Quasi “endiablés”, ils seraient prêts à tout pour jouer aux cascadeurs et avoir de fortes sensations indépendamment des incidents du parcours. Ayoub, 17 ans, élève, fait partie de cette gent masculine qui a besoin de très fortes sensations pour sentir qu’il existe. “Je n’ai pas encore mon permis de conduire. Mais il m’arrive d’enfourcher une moto ou une bicyclette pour appuyer à fond sur les pédales. Une fois, j’ai réussi à faire 38 km avec ma bicyclette, le soir, alors que je n’avais pas de lumière. Je sais que j’ai couru un énorme risque, mais c’est justement là où réside le ... goût. Peut-être, est-ce une manière de prouver que je suis là et que je suis capable de relever le défi”, dit-il. Téméraire et casse-cou, Ayoub, tout comme ceux qui aiment courir des risques, s’aventure pour sentir son rythme cardiaque accélérer et sa course contre le vent lui procure une sensation extrême. Issam, 18 ans, élève, n’est pas très enclin aux sports mécaniques. Toutefois, le jeune homme pratique la boxe qui est aussi, pour lui, une manière d’évacuer sa... fureur et son stress. “Bien que je n’aie pas encore mon permis de conduire, je suis sûr que je ferai partie de ceux qu’on appelle +les fous du volant+. Je pense que c’est une autre manière de crier +wao+. Appuyer à fond sur l’accélérateur et arriver à dépasser tous les véhicules, est une manière de prouver qu’on est fort et - plus encore - imbattables... Grâce à la boxe, j’arrive à prouver presque la même chose. Je relève le défi et je réussis mon challenge”, dit-il. Maher, 24 ans, étudiant, devrait en raison de son âge être plus raisonnable. Sauf que le jeune homme aime aussi courir des risques . “Rien ne vaut l’aventure. J’aime faire de la vitesse. Jusqu’à présent, je me contente de m’exercer à travers les jeux de courses en trois dimensions, cela a presque le même effet. C’est notre jeune âge qui nous permet de prendre des risques sans penser aux périls qui peuvent en découler”, dit-il. Hassen, 21 ans, également étudiant, trouve ce genre de comportement, à la limite, irrationnel. Le jeune homme ne peut pas concevoir le fait d’agir de manière... aléatoire. “Franchement, j’ai peur pour ma vie. Et je n’ai pas honte de le dire. Je ne saurai jamais appuyer à fond sur les pédales ou m’aventurer sans prendre en considération les risques. Je crois toutefois que ce genre de comportement tout à fait irresponsable, n’a rien à voir avec les sensations fortes. Il s’agirait à mon sens d’un complexe d’infériorité que certains jeunes camouflent en jouant aux “champions”. Il est probable aussi que le jeune âge mène certains à ne jamais calculer les répercussions qui ne peuvent qu’être très graves. s’il s’agit de sport mécanique fait selon les règles, cela va de soi. Mais de là à jouer aux cascadeurs et risquer sa vie... c’est complètement irresponsable, surtout lorsque la cause s’avère être celle de montrer de quoi on est capable”, dit-il. A voir les statistiques qui révèlent un nombre croissant d’accidents dont les victimes se comptent par milliers, il est judicieux de poser la question: l’enjeu en vaut-il vraiment la chandelle ? A bon entendeur... Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com