Après le non des Français : Et voilà Villepin…





Le président français Jacques Chirac a nommé hier comme Premier ministre Dominique de Villepin, un de ses fidèles, pour tenter de reprendre l'initiative après avoir été désavoué par la large victoire du non au référendum sur la Constitution européenne. Le Quotidien - Agences M. de Villepin, 51 ans, qui avait accédé à la notoriété internationale en défendant à l'Onu l'opposition de la France à la guerre en Irak en 2003, était donné favori pour remplacer l'impopulaire Jean-Pierre Raffarin. Celui-ci n'a pas eu d'autre choix que de démissionner moins de 48 heures après la débâcle au référendum de dimanche (54,87% de non). La formation du nouveau gouvernement de M. de Villepin, un diplomate de carrière, qui n'a jamais été élu et contesté dans son propre camp, n'était pas attendue avant mercredi. Le président du parti majoritaire UMP Nicolas Sarkozy serait nommé et numéro deux de cette équipe et ministre de l'Intérieur, un poste qu'il avait déjà occupé de 2002 à 2004, selon des sources concordantes. Sarkozy, personnalité la plus appréciée à droite et qui affiche son ambition pour la présidentielle de 2007, avait appelé dimanche à de profondes réformes en France pour tenir compte du vote des Français. * Dans la continuité En se séparant de Raffarin, Chirac a voulu réagir vite au rejet du traité européen, qui a beaucoup affaibli son autorité, pour essayer de "sauver" la fin de son mandat s'achevant en 2007. Raffarin a notamment échoué à faire régresser le chômage, qui touche plus de 10% de la population active, et avait vu sa cote de popularité sombrer. Chirac a fait une déclaration télévisée hier soir pour expliquer aux Français son choix et ses priorités. Avec de Villepin, il propulse au poste le plus exposé de la vie politique française un des fidèles de son premier cercle, après avoir promis de donner une "impulsion nouvelle" à l'action gouvernementale. Mais le profil de M. de Villepin, aristocrate et haut fonctionnaire de carrière, perçu comme le choix de la continuité, semble peu adapté pour répondre aux fortes inquiétudes des électeurs, notamment ceux de gauche, qui réclament une politique plus sociale. L'euro a perdu du terrain face au dollar dès la nomination de M. de Villepin, le marché témoignant de sa préférence pour M. Sarkozy, adepte de réformes économiques libérales. M. de Villepin a été le plus proche collaborateur du président comme secrétaire général de la présidence de la République pendant sept ans, de 1995 à 2002. M. de Villepin est toutefois contesté par des personnalités de son propre camp, notamment par M. Sarkozy, qui voit en lui un possible rival en 2007.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com