3èmes Rencontres Photographiques Internationales : A Ghar El Melh, il y a photo !





Outre les 500 photographies qu’abriteront les trois forts de Ghar El Melh, l’édition 2005 élargit ses horizons : avec une soirée de tables rondes au café des photographes, de projections de films sur la photo, en plein air, des hommages à des vieux routiers de cet art, des ateliers, des concours, des prix… Lorsqu’elles ont démarré en juillet 2003, les Rencontres photographiques internationales de Ghar el Melh (RPI GM) étaient une véritable gageure. Rares sont ceux qui ont parié sur la continuité. Le photographe Salah Jabeur, initiateur de cette manifestation, y a cru. Il a su aussi s’entourer d’un groupe de photographes, hommes et femmes, qui voulaient doter leur discipline d’une manifestation d’envergure à même de rehausser cet art demeuré mineur en Tunisie et de réhabiliter les photographes comme étant des artistes à part entière, dont l’apport à la culture et la société n’est toujours pas apprécié à sa juste valeur. Contre toute attente, et n’en déplaise aux sceptiques, les RPIGM ont vécu, se sont même développées, attirant de plus en plus de photographes, s’ouvrant à l’international et intéressant les sponsors institutionnels et privés. Comme la ville de Hammamet est connue par son centre culturel international, Tabarka par son festival de Jazz, Mahrès par son festival international d’arts plastiques, Douz par son festival du Sahara et Kelibia par son festival du film amateur, Ghar el Melh, ce vieux village d’agriculteurs et de pêcheurs, perché sur les hauteurs et situé à une cinquantaine de km au nord de Tunis, est désormais connu par ses RPIGM, dont la troisième session se tiendra du 15 au 18 juillet prochain. La manifestation bénéficie cette année du soutien des ministères de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, du Tourisme, des Affaires sociales, de l’Agriculture, de l’UNICEF, de la Communication européenne et de l’Institut français de la Coopération (IFC), sans parler des autorités locales de Ghar el Melh et des sponsors privés. Une vingtaine de photographes tunisiens exposeront leurs œuvres dans les forts de la ville, anciens bagnes transformés en lieux d’animation culturelle. Parmi ces photographes, on citera Hamidedine Bouâli, Marianne Catzaras, Nicolas Fauqué, Faten Guedas, Jallel Gastli, Michket Krifa, Hichem Driss (basé à Paris) entre autres. Une quinzaine de photographes étrangers présenteront aussi leurs travaux notamment le Français Bernard Guillot, l’Espagnol Xavier de Luca, le Turc Erkut Onart, le Maltais Jonathan Beacom… L’IFC, dans le but de rapprocher les RPIGM de la Biennale de Bamako, présentera avec le concours de l’Association française d’action artistique (AFAA), une exposition rétrospective de quatre photographes parmi les plus célèbres en Afrique, l’Algérien Mohamed Dib pour son travail sur la ville Tlemcen, le Réunionnais André Albany pour son œuvre rétrospective consacrée à son île natale et le Marocain Thami Benkirane et l’Africain du Sud Zwelethu Mithetwa qui ont travaillé sur les rites sacrés et rites profanes. Plusieurs autres invités, photographes et responsables de festivals, d’agences et de revues de photos comme Moussa Kolatié, Marcel Fortini ou Monterosso seront aussi présent. A côté des expositions, les organisateurs prévoient des rencontres entre professionnels et amateurs, photographes et public, vieux routiers de la photo et jeunes en herbe. Les tables rondes, les débats, les ateliers, les projections des films porteront sur la dynamique de l’art photographique du point de vue technique, économique et artistique. L’essentiel est de valoriser cet art, de lui assurer une meilleure diffusion dans le public et de permettre à ceux qui le pratiquent de se réunir pendant ces trois jours dans un même lieu pour confronter leurs expériences, démarches et visions. Et peut-être aussi identifier et mettre à plat les problèmes et les obstacles qui empêchent le développement de ce secteur. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com