Chance et malchance : Les jeunes décident de leur destin





Parfois le bonheur semble nous tourner le dos. Tout marche de travers et on se plie à une évidence: notre destin nous joue de mauvais tours. Certains abandonnent. Essoufflés, ils ne font plus aucun effort. D’autres relèvent le défi et tiennent à conjurer le mauvais sort. Croient-ils au destin? Les jeunes baissent-ils les bras face à la déveine ? Témoignages Tunis - Le Quotidien Nombre de personnes sont réputées chanceuses. Nées sous une bonne étoile, elles réussissent dans leur vie. En revanche, d’autres semblent avoir du mal à faire le moindre pas et sont convaincus que la malchance leur colle aux baskets. Ces croyances extraordinaires ne relèvent pas de l’imaginaire. Nombre de personnes y croient, dont les jeunes. Ahmed, 25 ans, étudiant y croit dur comme fer. Il pense que tout être humain est mobilisé selon une puissance divine qui est supposée fixer le cours de sa vie. “J’ai entendu dire par les hommes de religion que le destin de chacun est fixé depuis qu’il est encore foetus. Dieu nous destine à être chanceux ou moins chanceux. Cela dit, il nous a dotés en revanche d’une raison contrairement aux autres êtres vivants. Et c’est cette raison qui nous permet de changer notre sort en faisant des efforts pour améliorer notre vie. Certains se contentent de se lamenter sur leur sort. Dès lors, ils démissionnent. Ils ne font plus aucun effort et le résultat ne sera évidemment que néfaste. Je pense que quoique la malchance nous poursuive, nous devons lui tenir tête et avoir foi en Dieu qui nous récompensera un jour ou l’autre”, dit-il. Abderraouf, 25 ans, également étudiant, pense exactement la même chose. Croyant et cartésien à la fois, l’étudiant pense que nous pouvons faire face à la malchance. “Si nous ne pouvions pas changer notre destin, Dieu ne nous aurait jamais privilégiés par la raison. Je suis persuadé que quand on veut, on peut. On peut certes rencontrer des obstacles, mais est-ce une raison pour devenir passif? Nous devons faire preuve de résistance et tâcher de ne jamais être négatif. Croire en notre malchance est comme une maladie incurable dont on ne peut jamais nous en sortir”, dit-il. Adel, 26 ans, fonctionnaire, croit au destin du moment que cela émane de notre Saint Coran. Toutefois, il croit aussi en la justice de Dieu qui fait que chacun de nous ne récolte que ce qu’il a semé. “Dieu nous a prescrit la patience. Il nous fait subir de multiples formes de mise à l’épreuve et ce, dans le seul but de tester notre foi et notre patience. Tout croyant doit croire que le pouvoir absolu ne revient qu’à Dieu. De la sorte, nous devons toujours revenir vers Dieu et lui demander de l’aide sans jamais être passifs. Nous devons persévérer à marcher dans le bon sens et penser que rien ne dure jamais. Certes, il nous arrive de baisser les bras lorsque notre vie ressemble à un champ de bataille sans merci. Mais cela doit nous pousser à faire davantage d’efforts et une mise au point avec nous-mêmes. Parce que l’homme décide implicitement de son destin, ce qui lui arrive est le résultat de ce qu’il a déjà semé”, dit-il. Anis, 23 ans, étudiant, croit à la chance et aussi à la poisse. Mais obstiné et doté d’une forte volonté, le jeune homme ne lâche jamais prise. “Il est vrai qu’on a parfois l’impression que tous nos efforts sont vains, que le malheur semble faire de nous son compagnon de route... Mais nous devons lutter. Tout est explicable dans cette vie et rien n’est arbitraire. Il faut savoir toujours tirer de bonnes leçons de ce qui nous arrive pour ne pas retomber dans le même piège. Il nous arrive de croire aussi que notre vie dépend de telle ou telle chose. Sauf qu’il arrive aussi qu’on se rende compte par la suite que cela peut faire notre bonheur. Ce qui manque à certains, c’est la satisfaction; nous pouvons nous sentir chanceux et heureux avec le strict minimum. C’est à nous de nous sentir chanceux”, dit-il. Sabrine, 24 ans, étudiante, croit aussi que la chance peut être de notre côté, comme elle peut nous bouder. “Dans la vie, on ne peut pas tout avoir et nous devons composer avec. Mais je pense aussi que la chance se mérite et ne s’offre pas. Celui qui patiente, résiste et n’arrête pas de faire des efforts, finira par surmonter la malchance et crier victoire”, dit-elle. Nesrine, 21 ans, plutôt terre-à-terre. Elle pense que l’homme est le seul responsable de son destin. “Je crois plutôt au hasard et à l’exception. Mais le cours de notre vie change selon ce que nous faisons. Si quelqu’un n’étudie pas, il échouera. C’est logique et la chance n’a rien à avoir. Il peut arriver que quelqu’un réussisse sans avoir travaillé, cela rentre dans le cadre du hasard. Il arrive aussi qu’un autre qui a vraiment bossé, ne réussisse pas. Là aussi, il s’agit d’une exception. Et, c’est à l’homme de réviser ses actes pour cerner les facteurs à l’origine de son échec”, dit-elle. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com