Après les Kurdes d’Irak : L’idée de l’autonomie en débat chez les chiites





L'idée d'une ou de plusieurs régions autonomes pour les chiites dans le centre et le sud de l'Irak refait surface avec des projets plus ou moins élaborés et un débat sur leur utilité. Le Quotidien - Agences Le gouverneur de la province de Kerbala a révélé hier l'existence d'un groupe de réflexion autour d'une région autonome dans le centre du pays avec la participation de sa province. "Après consultation avec le Conseil de la province, on a formé un comité parmi des universitaires, des spécialistes du droit, des hommes politiques et des économistes" pour examiner la question, a indiqué Okaïl Khazali. Selon lui, ce comité aura à déterminer s'il est plus utile pour la province de Kerbala de former une réunion autonome avec celle de Najaf, plus au sud, ou de s'associer pour cela avec celles de Babylone et de Wassat, plus à l'est. Le comité aura jusqu'au 30 juin pour trancher cette question. C'est sur la base de ses recommandations que les autres provinces seront approchées, a indiqué le responsable régional. Il a d'ores et déjà estimé que toute association avec d'autres provinces se fera sur une base économique plutôt que confessionnelle. Le centre et le sud de l'Irak, où la constitution de plusieurs projets de régions autonomes ont été évoqués depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003, sont habités en majorité par des chiites et les liens tribaux y sont forts. Le courant radical du jeune chef religieux Moqtada Sadr est toutefois hostile à l'autonomie, lui qui a toujours critiqué celle des trois provinces kurdes du nord et milite pour un Irak centralisé. * Les sunnites isolés Affaiblis politiquement depuis la chute du régime de Saddam Hussein, les sunnites, qui peuplent le centre de l'Irak, une partie du nord et l'ouest du pays, ne semblent pas quant à eux envisager de région à eux, même si un vague projet d'association entre les provinces de Salaheddine, ayant pour capitale Tikrit, Anbar, dont le chef-lieu est Ramadi, et Ninive qui a Mossoul pour centre, avait été évoqué il y a quelques mois. Le principe du fédéralisme est inscrit dans la loi fondamentale, la Constitution provisoire de l'Irak, et devrait être consacré dans celle permanente dont la rédaction doit être achevée en principe avant le 15 août. Ce sont les Kurdes qui vivent dans trois provinces du nord de l'Irak, qui avaient échappé en 1991 au contrôle du régime de Bagdad, qui sont les plus ardents défenseurs du fédéralisme. Un représentant du grand ayatollah Ali Sistani, le plus influent des chefs religieux chiites en Irak, avait prôné la prudence en ce qui concerne les projets de régions autonomes dans le centre et le sud chiites en conduisant la prière hebdomadaire vendredi à Kerbala, à 110 km au sud de Bagdad. "Je ne suis ni contre ni avec le fédéralisme", avait déclaré cheikh Mohammed Hussein al-Omeidi dans son prêche, tout en recommandant de "bâtir toute éventuelle région autonome sur des bases scientifiques". Il a dénoncé en même temps la préparation de projets de régions autonomes "derrière les coulisses et loin du peuple" en évoquant trois d'entre eux, le premier entre les provinces méridionales de Bassorah, Nassiriyah et Amara, l'autre entre Kerbala, Babylone et Wassat et le troisième entre Najaf, Diwaniyah et Samawa dans le centre-ouest. "Il faut informer le peuple sur la réalité de ces projets et il ne faut pas les bâtir sur une base partisane", avait-il averti."Pourquoi irons-nous diviser nos régions en sous-régions et pourquoi ne pas constituer une seule région du centre et du sud de l'Irak qui a l'avantage d'avoir une même structure sociale et la même confession ?", s'est-il interrogé.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com