Liban : L’opposition antisyrienne s’effrite





La bataille électorale de dimanche dans le Mont-Liban à majorité chrétienne doit consacrer l'éclatement de l'opposition antisyrienne dont le combat, associé aux pressions internationales, avait permis de mettre fin à 15 ans de tutelle syrienne sur le Liban. Le Quotidien - Agences Le général chrétien Michel Aoun, qui a incarné pendant ses quinze ans d'exil en France le combat contre la Syrie, s'oppose désormais aux autres leaders anti-syriens, musulmans et chrétiens. Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir conclu des "alliances contre nature" avec des hommes politiques qu'ils présentent comme des "symboles" de la présence syrienne sur le pays. Pour le général en retraite, la fracture n'est plus entre l'opposition et le régime libanais pro-syrien, mais entre "les réformateurs et toute la classe politique corrompue qui a couvert la tutelle syrienne afin de se maintenir au pouvoir". Dans le Mont-Liban, Aoun s'est allié au druze Talal Arslane, qui a soutenu jusqu'au bout la présence militaire syrienne, contre le chef druze Walid Joumblatt. Au Liban nord, où se déroule le 19 juin la dernière étape des législatives, il soutiendra le chrétien pro-syrien Soleiman Frangié face au "Courant du futur", dirigé par Saad Hariri, fils de l'ex-Premier ministre sunnite assassiné Rafic Hariri. Au nom de l'unité nationale, Saad Hariri et Walid Joumblatt se sont alliés pour leur part à l'ex-milice chrétienne anti-syrienne des Forces libanaises, dont le chef Samir Geagea est en prison depuis onze ans. Dans un article rédigé le 6 mai, la veille du retour d'exil de Michel Aoun, le journaliste opposant Samir Kassir, assassiné le 2 juin, avait mis en garde contre les dangers qui guettaient l'unité de l'opposition. "Pour préserver les acquis du soulèvement populaire de l'indépendance et abattre le régime policier (mis en place par Damas, NDLR), il faut éviter deux erreurs: ne pas isoler Michel Aoun, ce qui risquerait de le jeter dans les bras de l'autre bord (...) Par ailleurs, (le général) ne doit pas se comporter comme s'il était le chef de l'opposition (anti-syrienne), même s'il considère qu'il en est le précurseur", écrivait-il. Les détracteurs du général Aoun l'accusent de faire le jeu des "résidus" du régime prosyrien et d'être devenu un allié de facto du président pro-syrien Emile Lahoud. _______________________ Le Conseil de sécurité condamne l'assassinat de Kassir Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné mardi l'assassinat de Samir Kassir, ce journaliste libanais connu pour ses positions anti-syriennes tué dans un attentat à la voiture piégée jeudi à Beyrouth. Les 15 pays membres n'ont toutefois pas décidé de l'ouverture d'une enquête internationale. Dans un communiqué, le conseil a rendu hommage à Samir Kassir, "symbole d'indépendance politique et de liberté", et a salué l'engagement du gouvernement libanais à traduire en justice ses meurtriers. Le Conseil de sécurité a estimé que l'assassinat du journaliste constituait "une tentative pernicieuse de s'en prendre à la sécurité, la stabilité, la souveraineté, l'indépendance politique et aux efforts destinés à maintenir la paix civile" au Liban.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com