Malmenés sur le terrain : Les Américains négocient avec la Résistance





• Rice : «Soutenir le processus de réconciliation» Après l’un des mois les plus sanglants en Irak depuis l’invasion américaine, Condoleezza Rice a laissé entendre que la porte était ouverte pour un dialogue avec la Résistance et ce, au moment où des informations circulaient dans la sphère diplomatique selon lesquelles au moins trois rencontres entre Résistants et responsables US viennent d’avoir lieu à Amman. Le Quotidien - Agences La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a laissé la porte ouverte à d'éventuelles négociations entre responsables irakiens et groupes liés à la Résistance, après l'un des mois les plus sanglants en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Rice a estimé devant la presse à Washington que la réconciliation politique en Irak devait être un "processus irakien". Interrogée sur une objection de Washington à un dialogue entre responsables irakiens et groupes insurgés, elle a répondu: "Les Irakiens génèrent un processus de réconciliation dans une société où les tensions sociétales et ethniques étaient exploitées par Saddam Hussein (...) il s'agit clairement d'un processus irakien que nous essayons de soutenir", a ajouté Rice. * Confirmation Ces déclarations interviennent au moment où au moins trois rencontres entre une délégation de la Résistance irakienne et des responsables américains se sont tenues dans la discrétion ces derniers mois à Amman. La dernière a eu lieu fin avril. Ces pourparlers, facilités par la Jordanie qui a fourni des garanties de sécurité aux Irakiens, visent à réduire la violence sur le terrain et permettre l'intégration politique des groupes armés sunnites, qui combattent les troupes étrangères et leurs alliés locaux. Interrogé sur l'existence de ces contacts, le département d'Etat américain n'a pas répondu. Mais selon un Irakien proche des discussions, un ancien général de l'armée de Saddam Hussein, un ex-membre du parti Baâth et un universitaire discutent avec une demi-douzaine de représentants américains, en présence d'observateurs jordaniens. Au cours de ces échanges, confirmés par un diplomate occidental, la Résistance a présenté une série d'exigences. Un calendrier de retrait des troupes étrangères d'Irak, approuvé par l'ONU, la libération de prisonniers, dont certains membres de l'ancienne direction baâthiste, le retour des forces de sécurité congédiées par les Américains en mai 2003 et la possibilité pour le Baâth de participer à la vie démocratique, promise par Washington. Les Irakiens insistent également pour que le recrutement des forces de sécurité, appelées à succéder à la coalition, se fasse sur une base locale. «Les sunnites veulent rester maîtres dans leurs zones», explique ce diplomate occidental. Une priorité, alors que les chiites ont entrepris de purger le nouvel appareil sécuritaire de toute présence baâthiste. «Nous réclamons également des assurances pour que l'Irak reste un état central fort», ajoute l'Irakien proche des discussions. Selon lui, les Américains n'ont pas fermé la porte à cette exigence. Ce sont pour l'instant les deux seules convergences entre les négociateurs. Pour le reste, en effet, ils se sont séparés sur un constat d'échec. Les Irakiens rejettent la proposition américaine de se retirer des villes le 15 septembre pour se replier dans quatre bases militaires à travers le pays. «Nous sommes opposés au maintien des troupes étrangères», indique un enseignant irakien proche des pourparlers. «Mais les Américains ne veulent pas entendre parler d'un retrait total. Nous leur réserverons une surprise, menace-t-il, s'ils ne font que s'abriter dans des bases.» La Résistance continue Six corps probablement des policiers ont été découverts hier dans l’ouest de l'Irak, alors que deux civils ont été blessés dans le dynamitage d'une permanence du mouvement chiite de l'Organisation de l'action islamique au sud de Bagdad, selon des sources policière et du ministère de la Défense."Six corps d'hommes vêtus d'habits civils ont été découverts par la police irakienne à Akachat, dans la région d'Al-Qaïm, à 450 km à l'ouest de Bagdad", a indiqué une source du ministère de la Défense. Leur identité n'a pas encore été établie. Dans la ville de Kout, à 175 km au sud de Bagdad, deux passants ont été blessés par l'explosion d'une charge placée dans le mur d'enceinte de la permanence de l'Organisation de l'action islamique, qui a endommagé sérieusement le bâtiment, a déclaré un responsable de la police locale. "Des maisons proches ont été également endommagées", a ajouté ce responsable qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat, faisant remarquer que la permanence était située dans un quartier résidentiel du centre-ville.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com