Retrait de Gaza : Sharon dans le collimateur





Le soutien des Israéliens au retrait de Gaza est en baisse selon un nouveau sondage daté d’hier, alors que l'ex-chef du Shin Beth a averti que des kamikazes juifs pourraient attenter à la vie du Premier ministre Ariel Sharon pour torpiller ce retrait. Le Quotidien - Agences A moins de dix semaines du début de l'évacuation de l'armée et des quelque 8.000 colons juifs de la bande de Gaza, seuls 53% des Israéliens approuvent cette initiative, contre 38% qui y sont hostiles, selon ce sondage publié par le quotidien Yédiot Aharonot. Le niveau de soutien à ce plan s'établissait régulièrement ces derniers mois à plus de 60% de l'opinion publique. En février, il était de 69%. Le sondage d’hier est le deuxième montrant une baisse du soutien au retrait. Un sondage publié il y a une semaine par le quotidien Maariv donnait 50% pour et 34% contre. Le plan de retrait doit commencer à compter de la mi-août et durer quelques trois semaines. Environ 400 colons de quatre implantations isolées du nord de la Cisjordanie sont aussi concernés par le plan d'évacuation. "Je peux vous assurer que le retrait sera appliqué, car c'est la meilleure décision possible. Elle est dure et pénible, mais améliorera nos conditions sécuritaires et contribuera à l'accroissement des investissements étrangers" en Israël, a dit Sharon, qui a reçu plusieurs menaces de mort liées au retrait. S'exprimant avant-hier soir à Al Qods devant un colloque scientifique, il a répété que dans le sillage du retrait, il espérait conclure des arrangements avec les Palestiniens permettant à Israël de maintenir son contrôle sur les grands blocs de colonies de Cisjordanie où vivent la plupart des 245.000 colons du territoire. Depuis des mois, les formations ultras et les colons mènent campagne contre le plan de retrait, bien que celui-ci ait été approuvé successivement par le gouvernement, la Knesset (parlement) et par la Cour suprême. * Kamikaze juif Dans des interviews publiées par les médias israéliens, l'ancien chef du service de sécurité intérieure Shin Beth, Avi Dichter, a averti qu'"il pouvait y avoir des kamikazes juifs dont l'objectif prioritaire serait de porter atteinte au Premier ministre" pour torpiller le plan de retrait. "Il y a des juifs prêts à se suicider pour cela, et nous ne prenons donc pas le moindre risque, car l'entourage du Premier ministre est aussi menacé", a-t-il ajouté. "Il y a des Juifs extrémistes qui n'hésiteraient pas à ouvrir le feu contre d'autres Juifs (...)". Dichter, qui a quitté ses fonctions le mois dernier, a clairement appuyé le plan de retrait, estimant qu'après son application Israël disposerait d'une plus grande marge de manoeuvre pour agir contre les groupes armés palestiniens. Selon lui, les objectifs que ces derniers pourront alors viser seront limités, et "il sera plus facile d'intervenir contre ceux qui tirent des (roquettes) Qassam lorsqu'il ne sera plus nécessaire de défendre les colons du Goush Katif", un bloc de colonies dans la bande de Gaza. Par ailleurs, la police israélienne s'est déployée en force dans le secteur oriental annexé de Jérusalem, près de l'esplanade des Mosquées où se trouve la mosquée al-Aqsa, le troisième lieu saint de l'islam. L'accès du site, libre pour les femmes, a été limité aux hommes détenteurs de la carte d'identité israélienne âgés de plus de 45 ans. La police craint des manifestations après une grève de la faim que 900 prisonniers palestiniens ont entamé mercredi pour protester contre la profanation présumée du Coran par des policiers israéliens. Les autorités pénitentiaires ont catégoriquement démenti et indiqué que la grève n'était pas suivie. Les prisonniers ont affirmé le contraire.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com