Territoires occupés : Abbas prêche la trêve





Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas a dû regagner Ramallah hier après des entretiens en demi-teinte à Gaza avec les groupes armés pour tenter de préserver la trêve alors que l'Etat juif et les Palestiniens amorcent une coordination en vue du retrait israélien. Le Quotidien-Agences Lors d'une visite entamée mercredi à Gaza, où il s'est entretenu notamment avec le Fatah et les formations islamistes Hamas et Jihad islamique, Abbas a pressé ces groupes de respecter leur trêve vis-à-vis d'Israël malgré une récente flambée de violence. "Nous devons maintenir l'accalmie en dépit des provocations continuelles israéliennes", a déclaré Abbas au cours de cette visite, "si nous voulons parvenir à la paix et à la sécurité, il est de notre intérêt national de maintenir l'accalmie". Le président palestinien s'est toutefois heurté à la détermination du Hamas et du Jihad islamique, qui ont fait valoir leur droit à "riposter" sans cependant remettre en question le principe de la trêve observée de fait par les principaux groupes palestiniens depuis fin janvier, même si ceux-ci disent n'être engagés qu'au respect d'une "période d'accalmie". "Nous riposterons à toute violation ou agression israélienne", a déclaré le porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri. Le jour de l'arrivée de Abbas à Gaza, l'armée israélienne avait lancé un raid aérien dans le sud du territoire contre quatre militants du Hamas, qui en sont sortis indemnes. Ce raid intervenait après une série d'attaques palestiniennes à la roquette artisanale et aux obus de mortier contre des colonies juives de la bande de Gaza. Dans ce climat de tension exacerbée, le ministre de la Défense israélien, Shaoul Mofaz et le ministre des Affaires civiles palestinien, Mohammad Dahlane, ont ébauché une coordination en vue du retrait prévu cet été de la bande de Gaza. Cette rencontre à Tel-Aviv a été qualifiée d'"importante et positive" par les deux parties. Israël doit se retirer de la bande de Gaza à compter de la mi-août et évacuer les quelque 8.000 colons qui sont installés dans les 21 implantations de cette région et dans quatre autres colonies juives isolées du nord de la Cisjordanie. Dahlane et Mofaz ont examiné notamment la question du passage des personnes entre la bande de Gaza et la Cisjordanie et celle de l'ouverture des frontières entre la bande de Gaza, d'une part, Israël et l'Egypte de l'autre. Dahlane a réclamé à son interlocuteur un rapport détaillé sur les maisons qu'Israël laisserait sur place, mais Mofaz a répondu, selon le ministre palestinien, qu'une décision ne serait prise à ce sujet que dans une dizaine de jours. Jeudi, Dahlane, qui fait figure "d'homme fort de la bande de Gaza" capable de freiner les groupes palestiniens, a averti que le retrait israélien serait "un échec" sans coordination des deux côtés. Il avait réclamé la réouverture de l'aéroport de la bande de Gaza et d'un "passage sûr" reliant ce territoire à la Cisjordanie, ainsi qu'un contrôle palestinien sur les points de passage après le retrait israélien. Selon lui, une "force spéciale" palestinienne sera également chargée de protéger les maisons et les biens des colons si Israël décidait de ne pas les détruire. Ces contacts entre Mofaz et Dahlane ont eu lieu au moment où le soutien des Israéliens au retrait de Gaza s'effrite. Selon un sondage publié par le quotidien Yédiot Aharonot, seuls 53% des Israéliens approuvent le plan, contre 38% qui y sont hostiles. Ces derniers mois, selon différents sondages, ils étaient régulièrement 60% à le soutenir.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com