Festival de Carthage : Le tango sue sang et eau!





Danse de la hardiesse magnifiée de par le souffle créateur qui l’anime: le tango est une danse qui se crée à force de mouvements dégagés, âpres et désinvoltes. Sensuels encore. Ce serait une aubaine pour le public tunisien de s’en délecter le temps d’une soirée, prévue à Carthage, le 24 juillet. Le spectacle nous serait concocté par Tahar Khenissi qui sera accompagné d’une troupe de 17 artistes argentins entre musiciens, couples de danseurs et de la cantatrice Barbara Luna. Le tout balancera entre les rythmes saccadés du tango et de ses dérivés: le “milonga”, le “candombé”, la “samba” et la “chacarera”. C’est un peu l’historique du tango qui sera retracé à travers les âges. Normal, le métissage vit aujourd'hui comme une chance histaminique dont on verra la pure incarnation dans des tableaux de danse signés de la griffe de Tahar Khenissi, pour la chorégraphie générale. Cela nous vaudra aussi le luxe d’interroger quelques pages de l’histoire jetées aux oubliettes. * Une danse vue et revue Tahar Khenissi, un connaisseur parmi les mieux nantis de cette danse nous rappelle à titre d'exemple qu’elle était dans l’ère du temps un acte de libération pour les noirs africains. “Aux danses européennes qui existaient auparavant, les noirs ont ajouté des croisements et des levées de jambes: gestes considérés indécents”, avoue-t-il. Et notre interlocuteur d’ajouter: “Ce n’est qu’après s’être déplacé aux salons de Paris que cette danse a subi quelques changements dans les mouvements, lui valant sa version d’aujourd’hui. Les noirs la dansaient tout en étant cambrés. Une fois devenue une danse de salon, elle se pratique tout en étant redressés”, nous dit Tahar Khenissi. Contrairement à la salsa qui est une danse de la convivialité, le tango célèbre la mélancolie des couples de danseurs à travers des mouvements saccadés et nerveux. Autre élément important, Tahar Khenissi porte à notre connaissance que c’est le genre de danse qui se pratique même à un âge très avancé. Lui qui se déplace en Tunisie pour former des groupes de danseurs, compte, en fait, familiariser les Tunisiens avec cette pratique qui demeure jusqu’ici à ses balbutiements. Le Tango, un domaine qui bouge un peu partout dans le monde, fait son entrée dans un pays qui n’a pas encore les traditions… mais avec brio. C’est du moins le souhait de notre tangero. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com