Rodéos mécaniques : Les gladiateurs des temps modernes arrivent…





Tunis - Le Quotidien En dépit des tentatives du National Automobile Club de Tunisie (NACT) d’atténuer l’ampleur des rodéos sauvages, le phénomène reprend de plus belle avec la montée du mercure. De plus en plus jeunes et insaisissables, les mordus des acrobaties mécaniques à haut risque, reviennent sévir notamment au niveau des quartiers huppés et des zones touristiques les plus “in” mettant leurs vies et celles des autres en danger... Farniente estivale oblige, les férus des rodéos mécaniques reprennent leur quête de sensations fortes tels des fauves relâchés. Confortablement installés dans des luxueuses et puissantes voitures, ces jeunes “chauffards” à l’allure vive et décidée se déchaînent à tout moment et n’importe où ! Le constat le plus accablant c’est que le phénomène du rodéo recrute de plus en plus dans la tranche d’âge 15 - 20 ans ne possédant souvent pas un permis de conduire. Elégants et frimousses, ces jeunes se transforment en véritables “gladiateurs des temps modernes” dès que la nuit commence à étaler ses draps sombres sur les collines de la cité Ennasr, El Manar, El Menzah, le plateau de Gammarth et les routes sinueuses et étroites comme des corridors. Les fous du volant s’adonnent au niveau de ces zones “in” à des acrobaties mécaniques souvent périlleuses afin, dit-on, d’extérioriser un surplus d’énergie. Dérapages contrôlés, démarrages américains, freinages brusques effectués à une vitesse vertigineuse provoquent une cacophonie qui met à rude épreuve les nerfs des automobilistes et des passants obligeant fréquemment les pauvres piétons à raser les murs. Les férus des rodéos anticonformistes jusqu’à la lie placent parfois la barre très haut en s’adonnant à des “semi-tonneaux en tanguant dangereusement pour semer la pagaille et se faire remarquer. Et c’est là que l’ardente quête des sensations fortes tourne au cauchemar. Tout récemment, l’un des mordus du rodéo a trouvé la mort sur la route de Tabarka au cours d'une escapade organisée par un groupe de jeunes amateurs de ce sport automobile non-réglementé, selon M. Riadh Dabbou, secrétaire général de l’Association Tunisienne de Prévention Routière (ATPR). M. Dabbou souligne également que les festivals de “tuning” provoqués par certains pionniers du rodéo en Tunisie qu’organise le NACT, ne permettent pas de juguler le phénomène. “Le NACT n’encadre les férus des rodéos que d’une façon formelle et occasionnelle”, précise-t-il. Les gens de l’ATPR pensent également qu’une campagne de sensibilisation quant aux dangers des rodéos risque d’avoir un effet inverse: servir de publicité pour ce phénomène. A priori, la bonne réglementation de ce sport mécanique et la lutte contre les dérives restent la meilleure solution pour atténuer les risques que présentent les rodéos. Walid KHEFIFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com