Sommet de Bruxelles : L’Europe au bord de l’éclatement





Les dirigeants de l'UE vont tenter d'éviter, jeudi et vendredi au sommet de Bruxelles, d'aggraver la crise de la construction européenne ouverte par le “non” à la Constitution en France et aux Pays-Bas par un échec à s'entendre sur le futur budget communautaire 2007-2013. Le Quotidien-Agences Le sort de la réunion s'annonce lié à la capacité du trio Tony Blair, Jacques Chirac, Gerhard Schr?der à éviter d'en découdre. La présidence luxembourgeoise des 25 garde un optimisme "modéré", sans exclure que le débat, qui pourrait se prolonger samedi, aille dans le mur. La tension est à son comble entre le Premier ministre britannique, déterminé à sauver le rabais de son pays dans les finances communes, et le président français et le chancelier allemand, partisans d'en finir avec cette ristourne accordée il y a 21 ans à Margaret Thatcher. Blair a décoché avant-hier à Paris une flèche acide au tandem Chirac-Schr?der, avançant que l'axe franco-allemand avait fait son temps. "Il n'est plus possible de diriger l'Europe comme elle l'a été auparavant", a-t-il déclaré. Il a renchéri hier en affirmant au quotidien français Le Figaro vouloir "tracer une ligne politique claire" en faveur de "la réforme économique", lorsqu'il succédera le 1er juillet au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la présidence de l'Union européenne. Signe de sa combativité, il a contesté la thèse de Juncker, pour qui un accord budgétaire montrerait que l'UE "continue d'avancer". Selon lui, un compromis "ne répondra pas aux vraies attentes" exprimées lors des référendums sur la Constitution en France et aux Pays-Bas et liées à "la mondialisation". * L’avenir du traité en débat Les chefs d'Etat et de gouvernement entameront leurs travaux aujourd’hui en se penchant sur l'avenir, compromis, du traité. Son rejet par 54,67% des Français et 61,6% des Néerlandais a plongé l'UE dans l'une des plus graves tourmentes de son histoire, à peine plus d'un an après son élargissement historique à l'Est. Le texte ayant déjà été ratifié par 10 autres pays, la ligne majoritaire va vers une poursuite du processus. Sans la renier, les dirigeants pourraient l'édulcorer par une prolongation laissant chaque Etat libre de trancher au moment de son choix. Le Premier ministre suédois Gvran Persson et son homologue tchèque Jiri Paroubek ont déjà réclamé de lever la date butoir de novembre 2006. Tony Blair, qui a gelé son projet de référendum au Royaume Uni, plaide pour une "période de réflexion" de "plusieurs mois". La présidence luxembourgeoise ne veut "pas donner le signal" d'un arrêt, mais n'exclut pas de "ralentir" les ratifications pour contrer la "contagion" du non dans les sondages au Danemark, en Pologne, au Portugal, en Irlande, en République tchèque et au Grand-Duché, prochains pays à voter le 10 juillet.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com