Le professeur Bouzouaia Noureddine au Quotidien : “Il n’y a pas d’épidémie de méningite mais …”





La méningite est une maladie grave si elle n’est pas soignée à temps et bénigne si elle est traitée dans la célérité requise. Dr. Bouzouaia Noureddine, chef du service des maladies infectueuses au CHU de Monastir et directeur de l’école supérieure des sciences et techniques de la santé, répond à nos questions au sujet de l'apparition de quelques cas de méningite. Dans cet entretien, il rassure les citoyens et prodigue les mesures à suivre en cas de doute. Le Quotidien : La méningite c’est quoi au juste? Dr. Noureddine Bouzouaia : La méningite est une inflammation des méninges dont le pronostic est grave si elle n’est pas traitée à temps. En effet, cette affection peut engendrer des séquelles graves et des complications fonctionnelles si elle est mal soignée. Trois types de méningites nécessitent des actions de prévention et de prophylaxie: le méningocoque, le haemophilus influenzae et le bacille de la tuberculose. Si ces deux derniers germes sont en perte de vitesse, le méningocoque et d’actualité. Il est responsable de la méningite cérébro-spinale. Cette forme de méningite est transmissible généralement par voie aérienne suite à un éternement par exemple. Elle peut se transmettre, mais plus rarement de manière indirecte par les contacts physiques : (poignée de main, serviette, jouets Quelles sont ses manifestations ? La méningite se manifeste par une forte et brutale fièvre accompagnée de céphalées rebelles, de vomissements, de raideur de la nuque et de photophobie et parfois de troubles du transit (constipation ou diarrhée). A l’apparition de ces signes, il faut absolument consulter le médecin. Ces signes sont parfois trompeurs car pour le bébé, les symptômes peuvent se manifester autrement. Ils peuvent paraître sous forme de diarrhée, de manque d’appétit, de troubles digestifs ou respiratoires. D’une façon générale, on dit que dans le doute il faut s’abstenir. Dans le cas de la méningite, en cas de doute, on ne doit pas s’abstenir. Seule la ponction lombaire est en mesure de déterminer avec exactitude le diagnostic de la méningite et préciser la nature du germe qui en est responsable. 5 à 10% de la population portent la méningocoque notamment dans le pharynx et dans les cavités nasales. Ce portage passe à 90% en période endémique. Heureusement, la méningite n'apparaît que chez 1% des porteurs. Certains facteurs favorisent son éclosion comme l’humidité de l’air, les conditions d’hygiène défavorables ou la précession d’infection virale. Comment prévenir la méningite? La prévention repose sur l’administration d’une chimioprophylaxie à l’entourage très proche du malade. Ces mêmes sujets doivent être surveillés les 15 jours suivant les mesures, d’où l’importance de la déclaration rapide aux autorités sanitaires pour qu’elles prennent toutes les mesures nécessaires. Comment diagnostiquer à temps la maladie? Dr. N.B. : Il faut que tout le monde soit vigilant. Je parle du corps médical, des techniciens et de la population. Il est important de diagnostiquer à temps la maladie pour pouvoir la guérir. Le moindre signe doit être décelé. Existe-t-il un vaccin contre la méningite à méningocoque? Il existe un vaccin contre trois types de méningite : le type A,C, et W 135. Le type prédominant en Tunisie est le B. Il n’est pas couvert par le vaccin actuel. Ce qui est important à signaler cependant, c’est qu’il s’agit d’une maladie engendrée par un germe très sensible aux antibiotiques et donc facilement curable si elle est diagnostiquée à temps. Entretien réalisé par Lotfi Touati


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com