Plus de vingt morts : Les forces de sécurité dans le collimateur de la Résistance





Vingt-deux personnes ont péri hier dans des attaques contre l’armée et la police à Bagdad, portant à quelque 250 le nombre de tués dans l'insurrection en Irak depuis l’annonce du gouvernement il y a une semaine. Le Quotidien - Agences “Treize personnes ont été tuées dans une attaque-suicide contre un centre de recrutement de l’armée de l’aéroport Mouthanna” dans le centre de Bagdad, a déclaré une source du ministère de l’Intérieur. Selon le ministère de la Défense, l’attaque a été menée par un kamikaze portant des explosifs. “Quatre soldats figurent parmi les tués et 9 parmi les 15 blessés”, a précisé la source de l’Intérieur, indiquant que certains corps carbonisés étaient difficiles à identifier. L’attaque commise vers le milieu de la journée a été précédée deux heures plus tôt par une double attaque contre des patrouilles de police dans la capitale, qui a tué huit policiers et blessé deux autres. Un autre policier a été tué et six ont été blessés par une voiture piégée près de la résidence du sous-secrétaire d’Etat aux affaires de la police, le général Hikmat Moussa Salmane. “Le général n’était pas chez lui au moment de l’attaque”, selon la source au ministère de l’Intérieur. * Hécatombe A l’hôpital Yarmouk à Bagdad, où la plupart des victimes ont été transportées, les couloirs des services des urgences étaient encombrés de policiers et de soldats. Des civils étaient nombreux à venir aux nouvelles. Le personnel s’affairait au milieu de flaques de sang et des corps étaient empilés à même le sol dans la morgue du grand établissement hospitalier. L'un des blessés, un soldat, a affirmé que l’attaque-suicide de l’aéroport Mouthanna n’avait pas été commis par une voiture piégée, comme l’ont indiqué des responsables de la police, mais par un kamikaze qui s’est mêlé aux recrues: “J’ai vu un jeune habillé d’un T-shirt noir se glisser parmi les recrues avant d’entendre l’explosion”, a raconté ce soldat blessé au pied. Le centre de recrutement, devant lequel de nombreuses attaques-suicide sanglantes ont été commises ces derniers mois, a été isolé derrière de hautes barrières de béton et de barbelés. Cette série d’attaques a suivi une attaque anti-kurde qui a fait la veille 46 tués et 71 blessés dans la ville d’Erbil, à 350 km au nord de Bagdad. Le même jour, neuf policiers sont morts à Bagdad en plus de quelque 17 autres Irakiens dans des attaques à travers le pays. Ce lourd bilan de 72 morts faisait de la journée de mercredi la plus sanglante depuis l’annonce de la composition du cabinet du Premier ministre, le chiite Ibrahim Al-Jaâfari, le 28 avril, qui a été suivie par une vague d’attentats. * Jaâfari dans la tourmente Ce cabinet, dominé par les chiites et les Kurdes, gagnants des élections du 30 janvier n’a pas encore de titulaires définitifs, pour plusieurs postes, notamment celui de la Défense, promis aux sunnites, et celui du pétrole. Le gouvernement Jaafari qui marque l’arrivée aux commandes du pays des chiites majoritaires, et le déclin des sunnites qui ont largement boycotté les élections est très attendu sur le dossier de la sécurité, dont il dit faire sa priorité absolue. Dans ce contexte, les autorités ont annoncé hier l’arrestation en mars dans le nord du pays d’un chef insurgé, lié au président déchu Saddam Husseïn, Abdel Hadi Joubouri, président comme un chef des insurgés de la région de Mossoul. Elles ont aussi fait état de la découverte il y a trois jours d’ “importants documents revenant à des terroristes, dont des étrangers” de six voitures préparées pour être piégées et d’un endroit où des exécutions ont été commises dans la région de Salman Pak, à une trentaine de km au sud de Bagdad.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com