Italie-USA : Berlusconi dénonce une faute, mais privilégie l’alliance





• Pas de retrait italien de l’Irak L'Italie demande aux Etats-Unis de reconnaître une faute de ses soldats dans la mort de son agent Nicola Calipari à Bagdad, mais ne retirera pas ses troupes d'Irak à cause de "ce fatal incident", a annoncé hier Silvio Berlusconi. Le Quotidien-Agences Le chef du gouvernement italien a soutenu cette position dans une intervention à la Chambre des députés, puis au Sénat. Costume sombre, cravate grise, Silvio Berlusconi a fait un exposé sobre et concis. Face à lui, de nombreux sièges étaient restés vacants malgré l'importance du sujet. Berlusconi avait informé la veille le président américain de la teneur de son intervention au cours d'un entretien téléphonique. George W. Bush lui avait exprimé ses condoléances pour la mort de Nicola Calipari, mais n'avait présenté aucune excuse. L'opposition italienne a déploré cette attitude et demandé à Silvio Berlusconi d'exiger des excuses américaines. "Notre position et nos attentes ont été formulées le 8 mars: faire la lumière sur les circonstances de la mort de Nicola Calipari, identifier les responsabilités et demander la punition des coupables", a rappelé le chef du gouvernement au début de son intervention. Chef de mission des services secrets militaires italiens, Nicola Calipari, 51 ans, a été tué par des tirs américains le 4 mars alors qu'il accompagnait à l'aéroport de Bagdad la journaliste italienne Giuliana Sgrena, prise en otage un mois auparavant et dont il venait d'obtenir la libération. Sa mort a été vécue en direct par les collaborateurs de M. Berlusconi avec qui il parlait au téléphone lorsque la patrouille américaine à ouvert le feu contre sa voiture. Les deux parties ont reconnu que l'incident n'était pas volontaire, mais l'enquête conjointe "a montré des divergences inconciliables rendant impossible un accord sur les conclusions (...) et je ne veux pas minimiser la portée des désaccords", a déclaré Silvio Berlusconi. Il a confirmé être en désaccord avec la position de l'administration américaine exonérant ses militaires de toute responsabilité dans la mort de Nicola Calipari et écartant toute mesure disciplinaire. "Sur la base des preuves obtenues, l'absence de volonté n'exclut pas la responsabilité", a-t-il soutenu. "Nous avons relevé les irrégularités commises par la patrouille américaine dont le poste volant n'était pas signalé, n'avait pas d'instructions précises, était dans l'obscurité à la sortie d'un virage", a-t-il souligné. * Dissiper un malentendu "Mais je veux dissiper un malentendu: il n'y a aucun lien entre l'homicide de Calipari et notre rôle en Irak", a-t-il annoncé. "Le retrait de nos troupes d'Irak ne sera pas unilatéral, mais décidé en concertation avec les alliés", a-t-il insisté. "Réclamer aujourd'hui +tout le monde rentre à la maison+ serait irresponsable et incompréhensible", a-t-il soutenu. Silvio Berlusconi a ensuite réaffirmé son attachement aux bonnes relations entre l'Italie et les Etats-Unis. "L'amitié et l'alliance entre l'Italie et les Etats-Unis ne peuvent être remises en question. Elle ont des fondements solides que nous nous employons chaque jour à consolider face à la menace du terrorisme et du totalitarisme", a-t-il expliqué. Silvio Berlusconi a néanmoins insisté sur "la volonté de tout faire pour établir la vérité et les responsabilités, car nous le devons pour la mémoire de Nicola Calipari". Son intervention a été applaudie par ses alliés. Les élus de l'opposition sont demeurés immobiles. Mais lors du débat qui a suivi, ils ne l'ont pas réellement attaqué. "Le gouvernement américain doit maintenant présenter des excuses à l'Italie", a réclamé Piero Fassino, secrétaire général des Démocrates de gauche (DS), le principal parti de l'opposition. "Silvio Berlusconi a été précis dans la reconstruction des faits, mais il est resté évasif sur la demande d'excuses que l'Italie peut légitimement attendre d'un pays allié. C'est ce que nous attendons", a renchéri Pier Liugi Castagnetti, chef du groupe des députés du parti de la Margherita (centre-gauche).


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com