Le recul travailliste met Tony sur la sellette





Tony Blair est à peine entré dans l'histoire du Royaume-Uni, en étant reconduit pour un troisième mandat consécutif au poste de Premier ministre, que les médias britanniques s'interrogent déjà sur la date de son prochain départ du 10 Downing Street. Le Quotidien-Agences Blair a certes conduit le Parti travailliste à une troisième victoire consécutive jeudi aux élections législatives en Grande-Bretagne, mais la majorité du Labour a fondu de plus de moitié, passant, à la Chambre des communes, de 161 députés à probablement 66. Fortement contesté pour la guerre en Irak, le Premier ministre a assuré qu'il avait entendu le message de ses concitoyens. Pour la presse et les stations de radio britanniques, cela ne semble pas suffire. Le Guardian a rapporté que plusieurs dirigeants du Labour lui ont demandé de changer de style de gouvernement, de mettre un frein à ses ambitions dans différents domaines et d'annoncer la date de son départ. Les journaux plutôt classés à droite établissent pour leur part un parallèle entre l'annonce surprise de la démission du chef de file conservateur, Michael Howard, et la promesse de Blair d'accomplir dans son intégralité un troisième et dernier mandat. Et pour ces journaux, la question n'est même plus de savoir si le Premier ministre restera jusqu'à la fin de son mandat mais plutôt combien de temps il va être en mesure d'exercer ses fonctions. * Il est temps de partir "Alors que Howard le héros démissionne, pourquoi Blair ne comprend-il pas?", s'interroge le Daily Express, dont la une est barrée du titre "Il est temps de partir". Pour Blair, les problèmes ne surgiront pas forcément des rangs de l'opposition mais plutôt au sein de sa propre majorité. Au cours des deux dernières années de la législature, un noyau dur d'une grosse trentaine de députés travaillistes a systématiquement voté contre les projets du Premier ministre aux Communes. Et si la majorité travailliste a fondu, ce noyau dur d'"intransigeants" semble en revanche avoir résisté. Surtout, il plane l'ombre grandissante de Gordon Brown, ministre des Finances à la popularité intacte aussi bien auprès des sympathisants travaillistes que de l'ensemble de la population. Comme annoncé, le chancelier de l'Echiquier a été reconduit dans ses fonctions dès vendredi, comme une grande partie du gouvernement sortant, à l'image de Jack Straw aux Affaires étrangères. Au-delà de sa popularité, Brown est considéré depuis 1997 comme le "père" de la vigueur économique de la Grande-Bretagne dans un contexte de ralentissement européen. Et Blair l'a déjà adoubé comme son successeur. Hier encore, certains parlementaires travaillistes n'hésitent plus à réclamer que la succession se fasse immédiatement, le Premier ministre, longtemps baptisé "Sunny Tony" (Tony le Flamboyant), étant désormais considéré moins comme un atout que comme un handicap. Deux tests se profilent pour Blair: la prochaine convention travailliste dans le courant de l'année, avant le référendum promis en 2006 sur le projet de Constitution européenne.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com