Larbi Zouaoui (Entraîneur de l’Espérance) : En football, il faut savoir gérer et prendre des risques





Humilité, calme et lucidité. Telles sont les qualités de ce technicien qui se trouve, un peu malgré lui, aux devants de la scène sportive après la qualification éclatante de l’Espérance en demi-finale aux dépens du Club Africain. Interview. • Si vous aviez à revenir à froid sur le dernier succès éclatant remporté par l’Espérance face au Club Africain, que diriez-vous? Je vous signale d’abord qu’un technicien doit garder toute sa lucidité avant, pendant et après le match. C’est pour vous dire qu’à chaud ou à froid, je tiens le même discours. Pour revenir à la question, je dirai que ce jour-là, nous étions avertis. On s’est préparé tout en prenant en considération le stress dans lequel vivait l’équipe depuis un mois et la fatigue physique. Il fallait gérer convenablement la situation et préconiser le meilleur moyen pour s’en sortir. Et le résultat final nous a donné raison. • D’aucuns estiment que les points perdus quelques jours auparavant face à EGS Gafsa ont provoqué cette réaction fulgurante. Qu’en pensez-vous? Je dirais que chaque match a sa propre vérité. Ce jour-là l’équipe était fatiguée et amoindrie . J’ai pris la décision de mettre au repos tout le milieu du terrain qui aura à jouer un rôle important en demi-finale. Et puis, quand il y a stress et fatigue, les joueurs ne réagissent pas de la même manière. Mais ce qui m’a le plus gêné c’était la dernière demi-heure du match face aux Gafsiens car malgré tout, la victoire ne devait pas nous échapper. En tout, quoi qu’on dise, on a fait le choix, le meilleur et on ne le regrette pas. Dimanche face au CA, on a sorti un grand match. Cela dit, il faut bien garder les pieds sur terre. On a réussi, c’est bien, mais en football le labeur est quotidien. • L’Espérance rencontrera en finale son homonyme de Zarzis. Part-elle favorite, selon vous? C’est l’erreur à ne pas commettre. Aucun match n’est gagné d’avance. Seule la vérité du terrain compte. Il suffit de se rappeler les difficultés rencontrées en quart de finale face à l’US Ben Guerdane, un club divisionnaire pour s’en rendre compte. Et puis en 2001 l’ES Sahel a éliminé l’EST et le CA pour se faire battre en finale par le CSH Lif. Il faudra donc préparer ce rendez-vous avec le maximum de concentration. Je lance à cette occasion un appel au public espérantiste pour qu’il soit très nombreux pour encourager les joueurs. • Quelles sont les principales satisfactions que vous avez enregistrées depuis que vous êtes à la tête de l’équipe seniors? Je suis très heureux de voir que le courant a vite passé entre les joueurs et moi. Je n’ai pas de baguette magique mais j’ai constaté que les joueurs adhèrent vite aux conceptions tactiques. D’ailleurs, j’ai toujours dit qu’aucun entraîneur ne détient la vérité absolue. Les techniciens se complètent mais ne se critiquent pas. • Sur le plan individuel, il y a sûrement quelques noms qui émergent. Un but quand il est marqué, il est le fruit d’un travail collectif. En football, tout s’enchaîne. Depuis mon arrivée, j’ai axé sur le collectif pour que l’équipe ne soit pas tributaire de la forme ou de la méforme d’un joueur ou deux. A l’Espérance tout le monde attaque, tout le monde défend. Il appartient aussi au joueur d’apporter un plus comme un défenseur qui monte au créneau pour tenter sa chance et marquer comme l’ont fait parfois Mnari, Chaâbani ou Bhaïri. C’est dire qu’on cherche à mettre l’individuel au service du collectif. • Qu’est-ce qui a motivé votre passage de la Direction technique des jeunes au poste d’entraîneur des seniors de l’Espérance? J’ai seulement répondu à l’appel du devoir. Etant membre de l’équipe, je ne pouvais que dire oui sans hésiter un seul instant. • Pourquoi malgré votre longue expérience, on ne vous voit pas souvent diriger les équipes de la Nationale A? C’est mon choix. J’ai opté pour la formation des jeunes car il s’agit d’une tâche exaltante qui m’attire irrésistiblement. Cela n’empêche que ces jours-ci sur le banc des seniors sang et or, j’assume toute ma responsabilité et le désir de tout gagner est toujours de mise. • On a remarqué que votre frère Youssef qui œuvre au Golfe, est toujours à l’écoute et n’hésite pas à vous féliciter après chaque bon résultat. C’est très normal. Outre notre lien fraternel, le football nous lie. Il constitue souvent le principal de nos discussions. Et l’Espérance et moi-même sommes très importants pour lui. • Vous verra-t-on ensemble en train de diriger l’Espérance la saison prochaine? Cette question est à poser aux décideurs au sein du club sang et or. • Une dernière question concernant le joueur Walid Azaïez. Beaucoup de bruit a accompagné le carton jaune récolté face à EGS Gafsa et qui l’a privé du derby. Ne pensez-vous pas avoir couru un risque en alignant ce jour-là avec deux avertissements à son passif? Je vous le concède. Mais il n’était pas le seul. Guizani se trouvait dans la même situation. On avait un choix à faire. On l’a fait. J’ai préféré mettre au repos ce jour-là les joueurs de l’entre-jeu ainsi que Dos Santos. Notre choix pouvait réussir ou échouer. Azaïez a récolté un troisième carton. On l’a remplacé et les joueurs ménagés ont bien joué dimanche face au Club Africain. Le football c’est aussi ça. Il y a toujours des choix à faire. Propos recueillis par Jamel BELHASSEN


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com