Peinture : Hommage à un géant de la peinture irakienne





“Il y a des hommes qui disparaissent avec leurs œuvres. Il y en a d’autres que leurs œuvres immortalisent à jamais”. Cette assertion d’Aristote est très appropriée pour décrire la vie de Shaker Hassen El Saïd, ce grand peintre irakien contemporain, disparu l’année dernière et auquel le musée de la Ville de Tunis rend un vibrant hommage. Shaker Hassen El Saïd est à la peinture irakienne ce qu’est Picasso à la peinture d’une manière générale. Sa vie et ses œuvres en témoignent. Ce peintre a vécu par et pour l’art. Et ce n’est pas un hasard si le musée de la Ville de Tunis lui rend un premier grand hommage, une année à peine après sa disparition. Car Shaker Hassen El Saïd a frayé une nouvelle piste artistique pour les peintres irakiens contemporains et arabes d’une manière générale. Ainsi, du 3 mai au 4 juin, vingt-sept œuvres des peintres irakiens les plus célèbres sont exposées dans ce haut lieu artistique et culturel aux côtés des tableaux les plus illustres de l’artiste défunt. “Rétrospective commémorative” , le thème choisi pour cette exposition est hautement symbolique. En effet, cette exposition donne aux visiteurs l’occasion de découvrir non seulement les œuvres de Shaker Hassen El Saïd, mais aussi celles d’autres peintres irakiens qui utilisent plusieurs techniques picturales, comme la céramique, l’huile sur toile, l’acrylique sur toile, entre autres. Ismaïl Fattah, Ayad Celebi, Mydar Ali, Fafa Nasiri et consorts, se réclament du peintre défunt. Bien qu’utilisant des techniques diverses, ces artistes se rejoignent dans l’amour pour l’art multiple aux goûts divers et variés. “Ce qui a attiré mon attention chez l’artiste, c’était son goût sélectif. Ce goût n’était pas limité aux éléments environnants qu’il utilisait, mais par les idées et visions qu’il vivifiait avec force et enrichissaient son expérience spirituelle et sensuelle”, écrivait May Muzarafar, une critique irakienne. En effet, son goût pour toutes les techniques fait de lui un “monument artistique” dans l’espace culturel arabe. Sa disparition laisse un vide dans le monde de la peinture contemporaine irakienne et arabe. Mais ses tendances artistiques ainsi que ses œuvres continuent d’influencer toute une génération de peintres, notamment ceux Irakiens qui lui rendent hommage durant un mois au Musée de la Ville de Tunis. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com