A l’approche de l’été : Ruée vers les salles de sport





L’obésité, les conseils du médecin et le souci d’entretenir son corps motivent les Tunisiens à faire du sport dans des salles spécialisées où l’hygiène peut donner parfois… le cafard. Tunis-Le Quotidien Il n’y a presque pas un quartier dans la capitale où il n’y a pas une salle de sport. Il y a quelques années, les clients qui fréquentent les lieux n’étaient pas aussi nombreux qu’aujourd’hui.Il fallait trouver des gens passionnés par le sport ou obligés de faire une activité physique. C’était un temps aussi où certains jeunes hommes s’intéressaient à la musculation. Maintenant, la culture physique s’est plus ou moins généralisée. Elle est sentie comme une démystification du corps et chacun songe de son côté à le mettre en valeur et de faire ainsi l’effort d’y parvenir au mieux. Nous sommes en pleine période “préparatoire” pour l’été. Durant cette période de l’année, beaucoup de nos concitoyens, jeunes notamment, fréquentent ces salles de sport afin de suivre une “mise à niveau” de leur torse en particulier. Pour cette catégorie, on se contente d’une mission ponctuelle. N’empêche qu’il existe d'autres adeptes des muscles qui respectent ce rituel quotidien. M. Sabri Ben Abdessalem est gérant d’un centre de sport à Kheireddine et président de l’Association Tunisienne de Bodybuilding et Powerlifting. Il connaît parfaitement ce genre de clients fidèles à l’entraînement. En plus des champions qui entretiennent leur “capital muscles” dans son centre et sous sa direction, d’autres amateurs de cette discipline s’entraînent aussi. “Certes, on a un cours d’aérobic qui enregistre une bonne affluence. Mais on a aussi beaucoup de personnes qui viennent spécialement pour la culture physique”. Il va sans dire que le souci d’avoir un joli corps motive une bonne partie de nos concitoyens à souscrire un abonnement dans une salle de sport. Mais l'activité physique révèle aussi un autre grand problème qui se pose de plus en plus sérieusement en Tunisie. C’est en effet l’obésité. A ce sujet, les chiffres sont inquiétants? Chez les femmes âgées de quarante ans et plus, la prévalence de la surcharge pondérale est de 30%. Elle se situe autour de 20% chez le sexe opposé. Le Pr Habiba Ben Romdhane, du Laboratoire de recherche épidémiologique et prévention des maladies cardiovasculaires tire la sonnette d’alarme quant à ce problème de santé et met en garde contre la prolifération de l’obésité chez les enfants. Elle met à l’index l’alimentation et la sédentarité. Elle n’occulte pas non plus le rôle de la télévision qui incite à une consommation à tort et à travers. La spécialiste met l’accent sur le tort causé par les boissons gazeuses “devenues une habitude au dessert”. Il s’agit à son avis d’un mal qu’il faut absolument éviter. * Contrôle sanitaire Par ailleurs, en ce qui concerne la création d’une salle de sport, une autorisation du ministère de la Jeunesse, du Sport et de l’Education physique est indispensable. Pour l’obtenir, il faut que le local remplisse une série de conditions essentiellement de sécurité et d’aération. Sans oublier que la personne qui présente une telle demande doit nécessairement être titulaire d’un diplôme de sport. C’est à l’issue d’une inspection désignée par le ministère que la décision d’octroi de cette autorisation est prise. Mais excepté cette étape, il n’y a pas de contrôle sanitaire par la suite. Le ministère de tutelle semble s’occuper du volet qui le concerne. Tandis que la santé reste en marge de la question.Auprès du ministère de la Santé publique, on nous affirme que cela ne relève pas de leurs compétences. Pourtant, un simple tour permet de constater que plusieurs salles utilisent des appareils non-conformes aux normes internationales. Leur objectif c’est que le client paye son abonnement. D’autant plus que certaines maladies peuvent être attrapées par manque d’hygiène. Or, des prélèvements réguliers sont en mesure de parer à ce genre de désagréments. Et notre source auprès du ministère de la Santé d’ajouter qu’il est important d’exiger “un certificat médical attestant que la personne est apte à pratiquer une activité physique. Les cas de personnes malades qui n’avouent pas leur état de santé ne sont pas rares. C’est une mesure de précaution pour le gérant de la salle et un moyen de responsabiliser le client en cas d’accident”. Maryem KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com