Liban : Aoun n’exclut pas une alliance avec le Hezbollah





L'ancien général libanais Michel Aoun, chrétien maronite revenu samedi dernier au Liban après 15 ans d'exil, s'est déclaré prêt à unir ses forces avec des éléments pro-syriens, y compris le Hezbollah, en vue des élections législatives prévues du 29 mai au 19 juin. Le Quotidien-Agences "Pourquoi pas? Nous sommes un mouvement réformiste. Les Syriens ont quitté le Liban et nous sommes tous d'accord pour entretenir de bonnes relations avec la Syrie, alors pourquoi ne pas s'entendre ?", dit-il dans une interview. "Qui qualifie l'autre de loyaliste ou de membre de l'opposition à présent, et au regard de quoi ?" Les fidèles d'Aoun et ceux du Hezbollah forment une alliance plutôt improbable mais des analystes pensent qu'ils pourraient néanmoins faire cause commune afin de gagner un maximum de voix aux élections. Aoun, qui a soutenu la résolution 1559 des Nations unies exigeant des Syriens qu'ils se retirent du Liban et du Hezbollah qu'il dépose les armes, est depuis longtemps le plus virulent détracteur de la «mainmise» politique et militaire syrienne sur le Liban. Le Hezbollah, en revanche, est l'un des plus fervents alliés de la Syrie, et la seule organisation autorisée à conserver les armes après la guerre civile, qui a pris fin en 1990. S'exprimant dans sa villa sur les hauteurs des environs de Beyrouth, Aoun s'est voulu conciliant à l'égard du Hezbollah mais s'en est pris à certaines franges de l'opposition, dont le chef druze Walid Djoumblatt, qu'il a qualifié de personnalité "instable", "donnant le vertige". "Le Hezbollah représente une frange importante de la population libanaise, et donc n'est-il pas juste qu'il s'accorde avec la société et la scène politique libanaises?", s'interroge-t-il. "Ils (ses membres) ont peur et notre tâche est de les aider à éliminer leurs peurs, à avoir confiance, et cela ne se fera pas sans un dialogue direct et une clarification des positions. Les solutions naissent de la volonté des uns et des autres, elles ne viennent pas sous la force". Aoun a précisé que son Mouvement patriotique libre compte être présent aux législatives mais n'a pas voulu dire s'il serait lui-même candidat et combien de candidats exactement ce mouvement alignerait. Il avait déclaré jusque-là qu'il pourrait présenter une quarantaine de candidats, répartis dans la totalité des régions du Liban, mais mercredi il parlait plutôt de 10 ou de 20. L'ancien général n'a pas caché qu'il envisagerait de devenir président, poste traditionnellement réservé à un Maronite, si on le lui proposait.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com