Visite historique à Bagdad du chef de la diplomatie d’Iran : Tourner la page





Le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, Kamal Kharazi, a effectué hier une visite historique en Irak où les chiites sont aux commandes après leur victoire aux élections de janvier. Le Quotidien - Agences Cette visite, la première d’un responsable iranien d’un tel niveau en Irak depuis la chute en avril 2003 du régime de Saddam Husseïn qui avait livré une guerre de huit ans à son voisin chiite, est destinée à tourner la page de ce conflit sanglant qui a duré de 1980 à 1988. Kharazi a été reçu par le président irakien le Kurde Jalal Talabani et s’est entretenu avec le Premier ministre Ibrahim Al-Jaafari, un homme politique chiite qui avait passé un long exil en Iran, sous Saddam Husseïn. En annonçant hier la visite, le chef de la diplomatie irakienne, le Kurde Hoshyar Zebari, avait indiqué qu’il allait examiner avec son homologue iranien de “nombreuses questions, y compris la non-ingérence, la coopération, l’économie et la fermeture du dossier de la guerre”. «Je n’ai aucun doute que cette visite ouvrira de nouveaux horizons dans la coopération de nos deux pays», a affirmé Zebari, soulignant que l’Iran avait été «l’un des premiers pays à reconnaître le nouveau gouvernement» irakien issu des élections de janvier. «L’Irak de l’après-Saddam est un nouvel Irak, pacifique avec ses voisins, loin du pays belliqueux» qu’il était,a insisté Zzbari. «Nous devons tourner la page du passé et construire de nouvelles relations dans tous les domaines, basées sur le respect mutuel et la non-ingérence», a-t-il poursuivi. «L’Iran est responsable de ses propres affaires. Une quelconque ingérence serait une insulte au peuple irakien», a affirmé quant à lui Kharazi. «L’Iran est tout à fait prêt à coopérer avec l’Irak dans tous les domaines, l’économie aussi bien que les dossiers d’intérêts communs», a-t-il ajouté. * Aucun lien avec Rice Le porte-parole du gouvernement, Leith Koubba, s’est employé lors d’un point de presse à nier tout lien entre la visite de Kharazi et celle de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, venue dimanche en Irak plaider pour une alternative politique à la violence, avec l’idée force de faire participer les sunnites au processus politique dominé par les chiites. “La visite de Kharazi n’est pas liée à celle de Rice”, a-t-il affirmé, expliquant leur proximité par des raisons de calendrier. Il n’en reste pas moins que la République islamique d’Iran, à 90% chiite, a vu d’un bon œil la victoire des membres de cette communauté, majoritaires en Irak, lors des élections générales du 30 janvier dernier. En même temps, des dirigeants sunnites arabes, comme le roi Abdallah II, disaient leur crainte de voir émerger un axe chiite dans la région. Le président iranien Mohammad Khatami avait exprimé sa “satisfaction” après la formation le 28 avril du cabinet Jaâfari et proposé d’aider l’Irak dans les domaines économique et politique ainsi que dans la reconstruction. “La période que le peuple et le gouvernement irakiens traversent est vitale, et nécessite vigilance et préservation de l’unité nationale”, avait écrit Khatami dans un message à Jaâfari, disant espérer voir l’Irak renforcer ses relations fraternelles avec ses voisins, basées sur un respect mutuel. Bagdad et Téhéran avaient repris en septembre 2004, 24 ans après le début de la guerre, des relations diplomatiques entières, et ce, en dépit de la présence de forces américaines en Irak. Cependant, les contentieux restent considérables. L’Iran et l’Irak n’ont toujours pas signé de traité de paix et la République islamique entretient le culte de ses “martyrs” morts dans les huit ans de guerre. Toutefois, Bagdad ne met plus en cause l’Iran dans les violences qui ravagent le pays comme le faisaient des membres du gouvernement précédent d’Iyad Allaoui, tout en accusant des combattants venus de pays arabes sunnites. ____________________ Rencontre entre El-Jaafari et le grand ayatollah Sistani Le Quotidien-Agences Le nouveau Premier ministre irakien a rencontré pour la première fois le grand ayatollah Ali Sistani, la principale figure chiite du pays, promettant après la réunion au sommet de combattre la violence croissante dans le pays "avec une main de fer". Ali Sistani a insisté "sur la lutte contre le terrorisme et la garantie de la sécurité", a précisé le Premier ministre Ibrahim al-Jaafari aux journalistes présents dans la ville sainte chiite de Nadjaf. "Le nouveau gouvernement frappera tout criminel qui s'en prendra aux citoyens sunnites et chiites avec une main de fer", a annoncé Al-Jaafari. Un proche d'Ali Sistani, parlant sous condition d'anonymat, a expliqué que les discussions entre les deux hommes s'étaient concentrées sur la visite dimanche de Condoleezza Rice et le rôle des Musulmans sunnites dans la rédaction de la future Constitution qui devra être achevée avant le 15 août.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com