Habib Bouhaoual : “Les premières amours”





Habib Bouhaoual expose pour la première fois une trentaine de dessins (crayon, encres, craies et pastels) à la galerie Caliga. Ecrasés de tendresse… Habib Bouhaoual est surtout connu comme bédéiste. Il a loué ses services à de nombreux journaux dont le quotidien Le Temps et le magazine pour enfants “Qaws Qozah” (arc-en-ciel). Il a aussi conçu plusieurs campagnes de publicité pour des entreprises ou de sensibilisation pour des question sociales. Il a publié plusieurs albums dont Victor Hugo à l’occasion du bicentenaire de la mort du grand poète français. L’artiste, qui a voué sa vie à son amour de toujours, la BD, n’a cependant pas été payé en conséquence. Et pour cause: cet art n’a pas pu vraiment s’imposer dans notre pays et rares sont les éditeurs qui s’y intéressent. C’est donc un peu par dépit amoureux que Habib Bouhaoual s’est tourné vers le dessin d’art. Ses “crayons, encres, craies et pastels”, exposés depuis le 5 mai (et jusqu’au 19 mai) à la galerie Caliga d’El Menzah VI, sont donc l’annonce d’un virage et peut-être d’un nouveau départ dans la carrière du caricaturiste. L’artiste, qui s’est toujours considéré comme un dessinateur —il a appris son art auprès de Ammar Farhat et Pierre Boucherle (le fondateur de l’Ecole de Tunis)—, considère ses nouveaux travaux comme un retour à une passion ancienne, qui ne l’a jamais quitté. Et comme retour, celui-ci porte la marque de la nostalgie. “Dessiner l’oubli…”, l’intitulé de l’exposition, annonce déjà la couleur. L’artiste dessine des atmosphères, des portraits, des personnages, des vues de la médina et des scènes pittoresques, qui semblent jaillir entre ombre et lumière, une mémoire peu oublieuse. La trentaine de tableaux exposés dénotent une grande maîtrise technique du trait, de la perspective, de l’éclairage et de la couleur —et c’est le minimum que l’on puisse exiger d’un artiste accompli— mais aussi d’une sensibilité de poète voire d’une vision mystique “Dessiner l’oubli…” est la première exposition personnelle de Habib Bouhaoual. C’est presque incroyable quand on sait que l’artiste participe à la vie artistique depuis une trentaine d’années. C’est pourtant la vérité. “Il était temps”, dirions-nous et “il n’est jamais trop tard”, pourrions-nous ajouter. Tout le mal qu’on souhaite à Bouhaoual, c’est de persévérer dans cette nouvelle voie où il semble avoir donné toute la mesure de son talent de dessinateur. Zohra ABID ______________________ De la poésie, pourquoi pas! Habib Bouhaoual a ouvert les yeux dans une famille passionnée de lettres et d’arts. Son père Ali, qui côtoyait dans les années 1950-60 le cercle de l’Ecole de Tunis était aussi aux côtés de Abou Al Kacem Chabbi et Tahar Haddad pour la cause de la femme. Sa sœur Rekaya fut parmi les premières à enseigner à l’école des Beaux-Arts. Trois des livres qu’elle a écrits sont aujourd’hui un support d’enseignement dans les Instituts des Beaux-Arts. C’est donc tout naturellement que Habib Bouhaoual affectionne dès sa tendre enfance les crayons, les craies et les encres de Chine. A 15 ans, il intègre l’Ecole des Beaux-Arts pour parfaire son talent. Mais c’est en Suisse et surtout en Belgique (fief de la BD) —où il a souvent participé à des expositions collectives— qu’il va s’épanouir et toucher aux arts plastiques qu’il gère plus tard séparément de la BD. Dans “Dessiner m’oubli…”, l’exposition qu’abrite actuellement l’espace Caliga d’El Menzah nous avons découvert une autre casquette chez l’artiste. Il est aussi poète et aime s’exprimer en vers. Nous avons choisi pour vous un pôème qu’il a écrit à l’encre de Chine et signé H.B. Et c’est notre coup de cœur. Le jeudi 19 mai, Habib Bouhaoual a programmé une séance de lecture de poésie qui sera animée par plusieurs poètes à partir de 18h00 et dans le même espace bien-sûr. “Les murs blancs Les murs chaux Chauds et nus S’étalent à l’infini des dédales Vers la question, jamais posée Les murs de lumière Qui racontent en silence Sans rien révéler… Les détours, les impasses Et les âmes errantes Qui passent Et repassent La lascive blancheur Au gré des regrets Traîne son ombre esclave Noirs et soumise Et ta question demeure” écrit Habib Bouhaoual à propos de la Médina et de ses murs et dédales. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com