Gestion des déchets ménagers : Composter… c’est gagné !





Multipliant les risques d’infections à haute toxicité pour l’environnement et le sous-sol, les décharges des déchets ménagers ne sont plus appropriées pour gérer les ordures ménagères en Tunisie. L’Institut national de la recherche scientifique et technique (INRST) a mis au point un projet de valorisation des déchets par compostage. Tunis - Le Quotidien Plus de deux (2) millions de tonnes d’ordures ménagères sont évacuées chaque année par les différentes agglomérations résidentielles en Tunisie. Les quatre gouvernorats formant le Grand Tunis produisent, quant à eux, plus de 25% de cette quantité de déchets, soit près de 510.700 tonnes. Chaque jour, pas moins de 2000 tonnes prennent la route vers la décharge contrôlée des déchets ménagers de Borj Chaker. La gestion de ces déchets, se faisant jusque-là par mode d’incinération ou d’enfouissement pose désormais de nombreux problèmes environnementaux. Telles sont en tout cas les conclusions des études menées dans ce sens sur les modes de traitement des déchets ménagers lesquelles études révèlent que les méthodes adoptées dans les décharges présentent de hauts risques de contamination toxique de l’air, du sol et des ressources en eau au niveau des nappes phréatiques. Autopsie des poubelles A l’Institut national de la recherche scientifique et technique (INRST) une cellule de recherche se penche sur la problématique de la gestion des déchets ménagers. Dans le département de gestion des déchets à l’Institut, Mme Samira Ben Ammar, chercheur et spécialiste en la matière travaille sur un projet portant sur la mise en place d’une unité de compostage dans la décharge de Borj Chakir. Lors d’une conférence tenue avant-hier au siège du Centre d’études et de recherches économiques et sociales (CERES), le chercheur a exposé les différentes caractéristiques de cette technique. Son exposé intitulé, “Sociologie des déchets et autopsie des poubelles”, a traité les principaux aspects des déchets ménagers produits dans le grand Tunis. L’opération de caractérisation effectuée sur 4.000 tonnes de déchets durant 2004 provenant de 32 communes formant les principaux quartiers résidentiels de Tunis a montré que plus de 50% des déchets sont des matières organiques, ce qui représente une véritable mine pour produire du compost. Approche sociologique Le projet a comporté en fait toute une approche socio-économique. D’après Mme Samira Ben Ammar, l’autopsie des déchets ou la caractérisation des ordures ménagères a fait ressortir une variation selon les régions, les saisons, les quartiers, ainsi qu’une différenciation des poubelles en fonction des revenus. Parmi les résultats de cette autopsie, menée durant 2004 dans le Grand Tunis, le chercheur a indiqué que la famille tunisoise à revenu élevé produit annuellement près de 2600 kg d’ordures contre 730 kg par an pour une famille à revenu faible. Dans tous les cas, le constat principal est que les déchets sont toujours composés à plus de 50% de matières organiques. De ce fait, le traitement des déchets par mode de compostage s’avère le plus approprié pour la Tunisie . “Nos déchets sont très organiques et ne cessent de contaminer l’environnement dans les décharges, d’où l’urgence de recourir au compostage d’autant plus qu’il constitue un substitut très avantageux des engrais chimiques pour l’agriculture”, affirme la spécialiste. Depuis 1998 ! Il faut noter par ailleurs que le projet de création d’une unité de compostage a été dans un premier temps lancé depuis 1998 sur le site de la décharge d’El Yahoudia à El Mourouj. Ce projet qui a été d’ailleurs pris en charge par l’INRST n’a pas vu le jour, ayant été jugé finalement non rentable. Si on a pu achever notre travail à l’époque, on aurait incontestablement résolu d’une façon définitive les problèmes des décharges et des déchets en Tunisie”, s’est exclamé M. Ben Ammar. Il convient de signaler, d’autre part, que le Ministère de l’Environnement et des ressources hydrauliques qui semble désormais adhérer au projet de compostage attend actuellement un rapport détaillant pour examiner l’éventualité de passer au stade de l’exécution. Le coût de la mise en place d’une unité de compostage qui remplacera une décharge de déchets est estimé par le spécialiste à près de 15 millions de dinars. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com