Les jeunes défient-ils l’autorité parentale ?





Un peu, beaucoup... pas du tout ! D’aucuns pensent, à juste titre, que l’adolescence est l’âge de la rébellion et de la désobéissance. Et comme cette révolte fait face à l’autorité parentale, la “confrontation” donne naissance à un conflit. Pour avoir le dernier mot, nombre de jeunes se révoltent et relèvent le défi au moment où d’autres préfèrent, pour une raison ou une autre, lâcher prise. Quelle attitude maintiennent les jeunes? Témoignages. Tunis - Le Quotidien A un moment donné, certains se demandent pourquoi les parents leur “mettent des bâtons dans les roues”, pourquoi les freinent-ils... Du coup ils ont l’impression d’être victimes des plus cruels des supplices... Et pourtant la réponse peut être très facile. Ce sont nos parents, ils nous aiment tellement, ils cherchent notre bien et voient les choses différemment, du moment qu’ils sont plus âgés et plus expérimentés. Sauf que la fureur de vivre de la jeunesse nous laisse généralement dans le flou et tout semble si compliqué... Les filles sont plus dociles, plus soumises et moins “courageuses”. Arwa, 17 ans, n’a jamais pu tenir tête à ses parents. “Franchement, je ne pourrai jamais défier mes parents. Dieu merci, nous avons toujours su trouver un arrangement. Cela dit même l’autorité parentale doit avoir des limites. Je ne leur imposerai jamais un choix, mais en contrepartie, je n’accepterai pas qu’ils m’imposent à leur tour quelque chose sous l’enseigne de l’autorité parentale. Si à titre d’exemple, on refuse que je me marie avec un homme que j’ai choisi, je me plierai à leur volonté, mais je n’éprouverai pas non plus quelqu’un qu’ils m’auront imposé”, dit-elle. Les choses diffèrent pour Abir, 19 ans, candidate au bac. La jeune fille fait comme bon lui semble lorsqu’il s’agit de trucs de tous les jours. “Si je m’obstine à sortir m’amuser et qu’ils me l’interdisent je ne fais qu’à ma tête. S’ils rechignent à me donner de l’argent, je me sers toute seule... Il faut dire que je suis “chouchoutée” et qu’ils ne me portent pas rancune. Mais une fois, j’ai pensé à épouser un étranger alors que je n’avais que 16 ans. Mes parents ont refusé catégoriquement, j’ai essayé de faire une fugue... Sauf que je n’ai pas pu. J’ai regretté amèrement, je suis revenue, je me suis mise à genoux devant ma mère, j’ai pleuré et je l’ai suppliée de me pardonner... En fait, je suis peut-être capable de faire ce que bon me semble s’il s’agit de trucs sans grandes importances mais pour les choses décisives qui ont un rapport avec tout mon avenir, je ne pourrai pas défier leur autorité. Après tout ce sont mes parents et ils ne me veulent que du bien”, dit-elle. Skander, 17 ans, ne peut pas imaginer être dans une situation de confrontation conflictuelle avec ses parents. “Généralement, mes parents sont compréhensifs. Ils ne m’imposent rien et on arrive toujours à trouver des compromis. Toutefois s’il s’agit de questions d’avenir, où que je sois par exemple fou amoureux d’une fille qu’ils n’acceptent pas, je ne baisserai pas les bras. Je ferai tout pour défendre ma cause... S’ils persistent, je pense que je me marierai même sans leur bénédiction. Mais je ne crois pas que mes parents soient aussi durs, ils céderont sûrement quand ils me verront trop attaché à une fille ou à une affaire d’avenir”, dit-il. Mohamed, 18 ans, ne peut même pas concevoir le fait de mener sa vie normalement alors que ses parents lui portent rancœur. “Certes, il m’arrive de défier leur autorité pour des choses futiles. Mais je ne me vois pas du tout leur imposer quelque chose qu’ils refusent catégoriquement, ils doivent avoir une raison valable. Si je tiens vraiment à une fille sans arriver à les convaincre, je finirai par laisser tomber surtout s’ils arrivent à me convaincre quant à leur refus. Etre marié sans l’accord de mes parents est un coup que je ne peux vraiment pas assumer!”, dit-il. Achref, 19 ans, ne provoquera pour rien au monde la colère de ses parents. Le futur bachelier ne peut même pas imaginer être à l’origine de la dégradation de l’état de santé de ses parents. “Rien au monde ne vaut la bénédiction parentale. Je vivrai toute ma vie avec un mal qui me ronge si jamais je leur fais mal. Heureusement, mes parents sont ouverts et compréhensifs et on a toujours vécu sans autorité totale. Tout est négociable et celui qui sait argumenter et convaincre, l’emporte”, dit-il. Emir, 17 ans, défie aussi ses parents à contre-cœur pour quelques futilités, mais quand il s’agit de grandes décisions, il se plie. “Il arrive que je rechigne à faire un truc sans importance ou que je dépasse l’heure fixée du retour à la maison... Des choses futiles quoi ! Qui d’ailleurs ne les énervent pas vraiment. Mais de là à leur imposer une épouse par exemple ou une immigration ou n’importe quoi qui peut engendrer une rupture entre mes parents et moi, je n’en serai jamais capable. D’ailleurs, je reste sans voix devant ceux qui font du mal à leurs parents sans penser à leur santé ou à la rupture le plus souvent difficile à dégérer”, dit-il. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com