Irak : Les sunnites veulent la tête du ministre de l’Intérieur





Des leaders sunnites ont relancé la polémique hier sur les meurtres de religieux à Bagdad, invoquant une responsabilité du ministre de l'Intérieur chiite Bayane Baqer Soulagh et demandant son limogeage. Le Quotidien - Agences "Tout en condamnant les raids et les arrestations d'imams et de fidèles dans les mosquées sous le couvert de la loi, nous demandons de former une commission indépendante pour enquêter sur les meurtres et les tortures des détenus et de démettre le ministre de l'Intérieur", ont demandé ces personnalités réunies en congrès Bagdad dans un communiqué. Le congrès, réunissant un millier de représentants sunnites, s'est tenu en pleine grève de la prière dans les mosquées sunnites pour protester contre le meurtre de 14 employés des mosquées, dont trois imams. Les muezzins ont continué d'appeler les fidèles aux cinq prières quotidiennes, tout en leur demandant d'accomplir ce devoir chez eux. Le ministre de l'Intérieur a dénié au congrès le droit de demander son limogeage. "Ceux qui n'ont pas obtenu un seul siège au Parlement n'ont pas le droit de demander le limogeage d'un ministre", a déclaré M. Soulagh dans une conférence de presse. "Le Parlement est la seule instance qui a le droit de le faire". Il avait démenti récemment l'implication de ses services dans ces meurtres, tout comme le ministre de la Défense, le sunnite Saadoun al-Doulaïmi. Le Comité des oulémas, la principale association de religieux sunnites, partie prenante du congrès avait accusé l'Organisation Badr du parti chiite du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII) de ces meurtres, s'attirant des démentis catégoriques des deux groupes. Le chef du CSRII, Abdel Aziz Hakim, a appelé, vendredi à l'unité nationale et invité les religieux sunnites comme chiites à barrer la route aux tentatives visant l'"unité des Irakiens". * Le droit à la Résistance Le Comité des oulémas avait déjà appelé mercredi à la démission des ministres de l'Intérieur et de la Défense en accusant leurs services d'être impliqués dans les meurtres et averti que ces "agissements pourraient conduire, s'ils se poursuivaient, à une guerre civile". Selon le Comité, au moins deux religieux ont été enlevés récemment par les forces de l'ordre et leurs corps découverts ensuite dans le nord de Bagdad. D'autre part, le congrès a condamné "toutes les opérations criminelles et terroristes visant des innocents quels qu'en soient les raisons et les auteurs" et s'est élevé contre les "meurtres et les assassinats dans les mosquées, les housseyniah (lieux de prière chiites) et les églises". Le congrès a appelé aussi à "libérer l'Irak par les moyens pacifiques", estimant "légitime de résister à l'occupation", et demandé une Constitution qui prenne en compte "les demandes de tous les Irakiens". Il a appelé à "protéger les Palestiniens vivant en Irak ainsi que les autres Arabes". Le congrès s'est tenu sur fond de poursuite des attaques. Ainsi trois suspects irakiens ont été tués par les forces de l'ordre, alors que les corps de cinq civils ont été retrouvés au nord et au sud de Bagdad. _______________________ Le ministre de l'Intérieur : «Prêt à traiter avec le diable pour vaincre la Résistance» Le Quotidien - Agences Le ministre de l’Intérieur irakien, le chiite Bayane Baqer Soulagh, a déclaré hier lors d'une conférence de presse qu'il était prêt à traiter avec "le diable" s'il le fallait pour "vaincre la Résistance". "Nous avons décidé de coopérer avec toutes les formations politiques du pays afin d'obtenir des renseignements" nécessaires à lutter contre la Résistance, a affirmé Soulagh, en réponse à une question sur la présence au sein de son ministère de l'Organisation chiite Badr, l'ancien bras armé du parti du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII). "Nous sommes prêts à aller chercher des renseignements auprès du diable s'il le faut", a-t-il continué, soulignant que "la coopération avec (l'Organisation) Badr ne concerne que le renseignement". Soulagh a précisé que le gouvernement avait mis en place depuis deux jours "un nouveau plan" pour améliorer la sécurité dans le pays, sans donner davantage de détails. S'exprimant sur des informations publiées par la presse américaine et faisant état de mauvais traitements contre des prisonniers irakiens, il a indiqué qu'"un comité a commencé aujourd'hui à rendre visite aux détenus".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com