Finale Coupe de Tunisie : Une lueur d’espoir, des blessures à panser





Si Dame Coupe n’existait pas, il aurait fallu l’inventer. Car au crépuscule de la saison de tous les scandales, celle qui battit tous les records en matière d’affaires et de combats d’arrière-garde, l’apothéose entre Espérances vient rappeler que l’espoir reste la dernière lueur à mourir quand bien même cette finale ne proposerait pas un bras de fer entre deux grosses cylindrées. D’ailleurs, que peut bien cacher de mystérieux et d’infiniment énigmatique le sourire sarcastique qu’arbore la vieille Dame qui marche allégrement vers son siècle d’intrigues et de tours de magie, sinon un grand soulagement de réussir à se débarrasser de tous ceux qui choisirent de passer par la justice sportive avant même de boucler leur saison? Avec l’intime conviction de devoir les récupérer au plus vite en des temps plus cléments où ils sauront se montrer prodigues dans un registre autre que celui de la fureur, de la vindicte et de l’acharnement. Que signifie d’autre qu’un acte puéril, une ligne supplémentaire au palmarès quand on se rappelle que la véritable conquête pénètre les cœurs et s’empare des âmes… E.S.T - E.S.Z, une finale au dénouement annoncé? D’aucuns observent qu’entre une Espérance, riche, puissante et au prestige établi et une autre besogneuse, fragile et appartenant à une autre galaxie, il n’y a pas photo. C’est le combat du pot de terre contre le pot de fer, de David contre Goliath, du seul courage à opposer à l’icône de l’opulence. Néanmoins, la Coupe sait mettre quelquefois un soin comique à dérouter les observateurs et les pronostiqueurs, tout pouvant arriver sur un seul match, sur 90 ou 120 minutes de souffrance par une fin de saison où l’énergie et la fraîcheur viennent souvent à vous manquer. La même Espérance de Tunis ne fut-elle pas contrainte à disputer une finale-bis, une répétition après avoir été tenue en échec, dans les années 80, par le Sfax Raillways Sport qui serait l’équivalent de l’Espérance de Zarzis de cette année? D’ailleurs, qu’il s’agisse d’aller cueillir un trophée qui lui est destiné —sur le papier, du moins—, de laisser entrevoir les symptômes du renouveau en vue d’une prochaine saison déjà quasiment aux portes, ou tout simplement de sauver une année au parcours entremêlant nouveau fiasco continental, cassures à répétition dans la gestion technique ou quelques rares barouds d’honneur, pour le club de Bab Souika, la voie du salut s’appelle une totale concentration, une méthodique gestion de la finale, un cynique réalisme que chacun lui reconnaît volontiers et une franche affirmation de la meilleure qualité d’un potentiel inépuisable. Dans l’esprit des joueurs de la cité des oliveraies, la coquette Zarzis devenue la sœur jumelle de Djerba-la-douce sur les dépliants et prospectus pour touristes, cette chance inespérée devrait être jouée à fond, sans peur, ni égards révérencieux quand bien même le derby des homonymes et des couleurs distinctives se jouerait, affectivement, presque en famille. Le premier danger qui guette les hommes de Lassâd Maâmmar est celui de se considérer déjà “arrivés”; de voir en cette finale et en les fastes de Radès une forme d’accomplissement, un couronnement par procuration. Dame Coupe ne leur pardonnerait nullement une attitude timorée, frileuse ou empruntée. Cette Coupe qui espère panser par un après-midi quasiment estival, les blessures d’une saison qui ne nous laissera pas des souvenirs ineffables. S.R. _____________________ 7500 km pour arriver en… finale! Incroyable mais vrai, l’E.S.Zarzis a dû parcourir près de 7500 km pour parvenir en finale de la Coupe de Tunisie. D’ailleurs, c’est la seule équipe à avoir disputé tous ses matches de qualification, ainsi que la finale, en déplacement. L’E.S.Z s’est déplacée à Ghardimaou, à Sfax, à Radès, à Bizerte, à Monastir et finalement à Tunis (de nouveau Radès). K.Z.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com