“Le Carnaval” : L’immigration et son verso !





L’immigration est-elle un fléau qui déstabilise aujourd’hui la famille? La question est d’une actualité brûlante, au moment où certains jeunes rêvent d’aller gagner leur vie loin du bercail. “Le carnaval”, cette pièce mise en scène par Hamadi Messi tente de répondre à cette interrogation, dans un style théâtral où la dramaturgie et la comédie font bon ménage. Cette pièce fait actuellement l’objet d’un cycle de présentations à “Bir Lahjar” qui a commencé vendredi dernier et qui se poursuit, jusqu’à ce soir. Son scénario est original et braque pleins feux sur un fléau d’actualité, auquel sont confrontées certaines familles, en proie aux conséquences de l’immigration. Toute l’histoire du film se construit autour d’un père de famille nommé Sahbi, qui travaillait dans une société italienne de textile. Ne se sentant pas bien, dans sa situation d’employé d’une société, il décide d’abandonner sa famille et de s’exiler en Italie laissant ses enfants à la charge de leur mère. Affectée, la mère n’ayant aucune emprise sur les enfants, vit pendant toute la période de l’absence de son mari, dans une situation difficile. Les enfants, eux, ont décidé chacun de s’émigrer vers un pays. Le fils aîné choisit l’un des pays du Golfe, pour cultiver sa vocation musicale, tandis que sa sœur, refusant de digérer l’immigration de son père, décide elle aussi de s’émigrer illégalement vers l’Allemagne, à la recherche de son paternel. Quant au frère cadet, obsédé par la peinture, lui aussi part en Allemange pour y exercer ce métier. Seule “Toumana”, la sœur cadette de la famille reste auprès de sa mère. Celle-ci, à son tour, s’adonne à de nombreuses caprices. Finalement, la famille est déchirée. Et les retrouvailles furent difficiles. Bien que fêtées en grande pompe, elles ont été émaillées de nombreux incidents entre le père et la mère d’une part, et, entre les enfants d’autre part. Dramaturgie et surréalisme “Le Carnaval” est une pièce d’actualité qui met l’accent sur la dramaturgie et la comédie dans l’interprétation du scénario. D’une durée de 70 minutes, la pièce a été jouée dans un arabe dialectal très soutenu, où l’humour et l’ironie se mêlent dans toutes les situations. Cet enchaînement a pour objectif de mettre en exergue la déchirure dans une famille confrontée à l’immigration. Le metteur en scène y met, surtout, l’accent sur une interprétation surréaliste notamment dans la mise en scène. “Mais dans certaines situations, j’ai recours aux méthodes d’autres courants, comme l’école stanilavskienne qui base son travail sur l’éclatement de la psychologie du comédien et la critique du rôle”, a commenté Hamadi Mezzi. Le metteur en scène met aussi en exergue l’interprétation de certaines situations de rêve sur le style de dépassement tel que décrite par Arto ou conçu par l’école de Salvadore Dali et celle surréaliste d’une manière générale. Finalement : l’histoire relatée par “le Carnaval” est présentée dans le style de “l’Affaire du poulet traversé par la flèche”. Elle véhicule à travers toutes les situations un compartiment du message. Celui de la déchirure et de l’instauration contre lesquelles s'erigent toutes les familles actuellement. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com