Présidentielle en Iran : Les conservateurs en roue libre





Le Quotidien-Agences La présidentielle iranienne se disputera le 17 juin sans concurrent sérieux aux conservateurs. Un "coup d'Etat" pour les réformateurs, annonciateur de tensions intérieures. Le régime islamique a annoncé avoir disqualifié, à l'exception d'un seul, tous les candidats réformateurs, à commencer par le seul qui semblait avoir quelques chances de contester la victoire à la droite, Mostafa Moïn. Le Conseil des gardiens de la Constitution, un organe de surveillance ultra-conservateur non-élu, n'a validé que six candidatures sur 1.014: celles de l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, réputé comme un conservateur pragmatique, de quatre conservateurs durs (tous anciens membres de l'armée idéologique) et d'un réformateur ultra-modéré, Mehdi Karoubi, lui-même un ancien dur. "Il s'agit d'un coup d'Etat, et le gouvernement qui sera mis en place sera le fruit d'un coup d'Etat, le président ne sera pas le président d'une République, ce sera un président désigné", a déclaré hier un des dirigeants du principal parti réformateur, le Front de la participation, qui présentait Moïn. "Il faut boycotter cette élection", a déclaré Mostafa Tajzadeh, ancien vice-ministre de l'Intérieur, aux quartiers de campagne de Moïn, où la colère et l'accablement étaient palpables. Il a souligné que le Conseil des gardiens avait approuvé en 2001 la candidature de l'ancien ministre des Renseignements, Ali Fallahian, malgré la mise en cause de ses services dans des meurtres en série d'opposants et intellectuels. "Injuste, irrationnel et illégal", a commenté Moïn, irrité. Interrogé sur un appel au boycott, il s'est contenté de répondre: "Je ne participerai pas au vote". Quant à dénoncer un "coup d'Etat", il a répondu que "c'est aux gens de juger si c'en est un". Les partisans de Moïn devraient se réunir jeudi à Téhéran pour décider de la conduite à tenir, ont indiqué des porte-parole de la campagne. Les réformateurs et le Front de la participation sont déjà passés par là. Le Conseil des gardiens, une institution composée de six religieux et six juristes ayant la haute main sur la validité des candidatures, en avaient rejeté plus de 2.000, pour la plupart de personnalités réformatrices, aux législatives de 2004. Aux conservateurs, qui contrôlent les institutions non-élues, la justice, les forces de sécurité, l'assemblée, la radio-télévision d'Etat, il ne manque plus que la présidence. Mais le Conseil des gardiens avait provoqué l'une des plus graves crises politiques sous la République islamique. Elle s'était traduite par la plus forte abstention dans une consultation majeure (50,57% de participation), les principaux partis réformateurs et les étudiants ayant décidé de boycotter le scrutin. Un premier appel collectif au boycott vient d'être signé par plus de 600 activistes et dissidents. La participation, enjeu majeur de légitimité pour le régime, "se situera à un niveau minimal", a prédit un conseiller du président Mohammad Khatami, Mohammad Ali Abtahi. Les événements "montrent qu'il existe un plan pour promouvoir une idéologie qui doit diriger le pays", a-t-il déclaré. ___________________ Réexamen des candidatures Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khameneï, a demandé le réexamen des deux principales candidatures réformatrices à la présidentielle, celles de Mostapha Moïn et Mohsen Mehralizadeh, rejetées par un organe ultraconservateur non élu, a indiqué la radio d’Etat.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com