Bande de Gaza : Démolir ou pas les maisons des colons, telle est la question





Voir des drapeaux palestiniens flotter sur les maisons des colons de la bande de Gaza ou assister au dynamitage du fruit de 38 ans de leur présence: tel est le dilemme que les dirigeants israéliens vont devoir trancher lors du retrait de cette région prévue à la mi-août. Le Quotidien-Agences "D'un côté, voir des maisons dynamitées n'est pas bon pour l'image d'Israël. Mais d'un autre côté, je ne veux pas voir les drapeaux des terroristes flotter sur les toits de ces maisons", a récemment résumé le Premier ministre israélien Ariel Sharon. A moins de trois mois du retrait de ce territoire palestinien, Israël n'a toujours pas tranché ce qu'allaient devenir les biens des 8.000 colons de la Bande de Gaza et des quatre petites implantations installées dans le nord de la Cisjordanie. L'Autorité palestinienne s'est pour sa part abstenue, elle aussi, de prendre pour le moment une position tranchée sur ce dossier. Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas a affirmé qu'il souhaitait récupérer intacts les bâtiments des colons car "ils constituent une propriété palestinienne". Mais, à l'approche du retrait, les responsables des deux côtés font preuve de prudence. "Tout cela doit être traité selon le droit international", affirme le négociateur palestinien Saëb Erakat. De son côté, le général Jamal al-Qayed, le responsable palestinien de la sécurité nationale pour la Bande de Gaza, s'est prononcé pour la destruction des maisons. "J'espère que les Israéliens les détruiront. Les Palestiniens n'en tireront aucun bénéfice. Au contraire même. Les pillages que cela risque d'entraîner sont pour nous une source de problèmes", a affirmé le général. Lors d'une réunion du cabinet israélien le 3 mai, la plupart des ministres, dont celui de la Défense Shaoul Mofaz et le vice-Premier ministre Shimon Peres, se sont prononcés contre la destruction des maisons des colons. Une semaine plus tard, Peres a affirmé que la démolition de tous les bâtiments pourrait provoquer un retard de plusieurs mois car, selon le droit international, Israël devrait dans ce cas évacuer les gravats. "Ce seul fait peut remettre en cause (le retrait)", avait-il déclaré. Mais, plusieurs politiciens de la droite israélienne multiplient les appels au dynamitage, arguant que les maisons spacieuses ne sont pas adaptées pour répondre aux problèmes aigus de logement des Palestiniens de la Bande de Gaza et que ces maisons risquent d'être la cible de pillages. "Laisser ces maisons en l'état ne réglerait en rien la pénurie de logements dans les camps de réfugiés palestiniens, qui nécessite la construction de dizaines de milliers de logements", affirme ainsi l'ancien ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis Zalman Shoval. Le commentateur israélien Danny Rubinstein prétend également que les Palestiniens "vont prendre d'assaut les maisons des colons et les réduire en poussière". "Les membres de l'Autorité palestinienne ont peur qu'il soit impossible d'empêcher ces attaques en masse. Le monde entier va voir les images de pillage et qualifiera les Palestiniens de vandales", affirme Rubinstein dans le quotidien de gauche Haaretz.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com