Traitement des déchets hospitaliers : La cote d’alerte…





Les techniques de traitement et de gestion des déchets des établissements sanitaires qui représentent divers risques pour la santé de l’homme comportent plusieurs défaillances à remédier dans l’immédiat. C’est ce que révèle une étude effectuée par le département de tutelle. Tunis - Le Quotidien Un atelier de travail de deux jours se tient à cet effet depuis hier au Centre des technologies de l’Environnement de Tunis (CITET). Cet atelier s’inscrit dans le cadre du programme régional de sensibilisation sur la gestion des déchets médicaux et de soins pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient qui constitue par ailleurs une des composantes d’un projet plus vaste mis en place par l’Organisation mondiale de la santé et la Banque mondiale. La Tunisie, à travers les ministères de la Santé publique, de l’Environnement et du Développement durable, est ainsi appelée à concrétiser trois composantes de ce projet. Il s’agit en premier lieu d’installer des centres d’élimination des déchets. Ensuite, de renforcer la capacité de gestion et du cadre légal pour la gestion des déchets médicaux et de soins. Enfin, le projet consiste en l’organisation d’ateliers de travail pour l’examen des techniques mises en œuvre et leur efficacité à éliminer les risques liés aux déchets des hôpitaux. Défaillances à gogo ! Au cours d’un exposé présenté lors de l’atelier tenu hier au CITET, M. Mohamed Raibhi, de la Direction de l’hygiène et de la protection de l’environnement au ministère de la Santé publique a indiqué que l’enquête nationale qui a été menée en 1994 a fait ressortir plusieurs défaillances qui concernent le traitement et la gestion inappropriés des déchets liés aux soins médicaux. Les résultats de cette enquête révèlent, en fait, que la quantité de déchets évacués quotidiennement est de l’ordre de 2,37 kg pour chaque lit. Les défaillances qui ont été relevées concernent, en fait, les modes de traitement et de manipulation des déchets à risque ainsi que les techniques devant permettre leur élimination. L’enquête a mis en exergue l’existence d’un problème réel de traitement des déchets hospitaliers. Des risques de contamination de l’environnement, de la toxicité, de l’infection et de la radio-activité ont été en fait signalés. Une nouvelle étude a, par ailleurs, été entamée depuis fin 2004 et dont les résultats sont actuellement en cours d’exploitation par les structures concernées. Les principaux axes de cette nouvelle étude qui vise à remédier à la situation fixent entre autres comme procédure d’intervention l’obligation de recourir à la technique de l’incinération des déchets hospitaliers à risques. Le plan d’action fixe également comme priorité la classification et le trio de ces déchets à la source tout en renforçant le contrôle de l’opération du stockage du transport et de la décharge. * 500 décharges anarchiques Sur un autre plan, le ministère de l’Environnement et du développement durable en coordination avec le ministère de la Santé publique a mené une opération de contrôle des dépotoirs anarchiques. L’opération a permis d’identifier près de 500 dépotoirs de déchets de soins à risques. Outre la décision de fermeture de ces différentes décharges, il a été décidé de créer 15 dépotoirs à travers les régions. D’autre part, une autre catégorie de déchets de soins qui concerne les déchets des produits pharmaceutiques, médicaux et des produits vétérinaires a été au programme de cet atelier. M. Imed Fadhel, de la direction générale de l’environnement et de la qualité de la vie a présenté à ce propos les résultats d’une étude sur les plans de gestion de ces types de déchets en Tunisie. Le conférencier a indiqué que l’étude a montré que pas moins de 5600 tonnes de ces déchets sont évacuées chaque année par les ménages, les établissements sanitaires et les différents autres établissements. De même, pour cette catégorie de déchets, les modes de gestion et de manipulation utilisés jusqu’ici comprennent, d’après ce responsable, des lacunes qu’il va falloir résorber à travers la mise en œuvre d’une stratégie de financement adéquate et efficace, d’autant que le traitement de ces déchets est coûteux. Chaque tonne nécessite, en fait, 250 dinars pour sa gestion dans les normes. H.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com