Liban : Les pro-syriens s’effritent





La coalition pro-syrienne au pouvoir au Liban a publiquement étalé ses divergences, Souleiman Franjié affirmant qu’il ne participerait plus à aucun gouvernement sous la présidence d’Emile Lahoud. L’opposition se préparait pour sa part à engager la bataille pour sauver la tenue des élections en mai. Le Quotidien-Agences "Je ne participerai assurément pas à un autre gouvernement pendant le mandat d'Emile Lahoud", a déclaré Franjié, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement sortant. "Toutes mes expériences avec le président se sont soldées par des déceptions." Ces failles au sein du camp pro-syrien sur le Liban apparaissent au grand jour au lendemain de la seconde démission du Premier ministre Omar Karamé, en raison de son incapacité à former un nouveau gouvernement en vue des élections législatives prévues en mai. Après l'assassinat le 14 février de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, imputé par l'opposition aux services syriens, Karamé avait été contraint de remettre une première fois sa démission le 28 février à la suite d'imposantes manifestations anti-syriennes. Lahoud lui avait tout de même demandé de former un nouveau gouvernement, ce qu'il n'a pas réussi. Certains responsables libanais imputent notamment cet échec aux prétentions de Franjié, chrétien maronite comme Lahoud. Selon eux, Franjié aurait insisté pour obtenir le ministère de la Santé et pour qu'un portefeuille soit réservé à l'un de ses alliés, ce que l'ex-ministre de l'Intérieur dément. L'opposition accuse pour sa part le clan pro-syrien de multiplier les manoeuvres dilatoires afin de repousser la date des élections, qui doivent constitutionnellement avoir lieu avant la fin de l'actuelle législature de quatre ans, le 31 mai. Pour Franjié, toute modification du calendrier électoral risque cependant de replonger le Liban dans un cycle de violences, à l'image de la guerre civile (1975-1990). * Sauver les élections Pour sa part, l'opposition libanaise antisyrienne se préparait hier à engager la bataille, au besoin dans la rue, pour sauver la tenue des élections en mai, alors que Washington et Paris soulignent la nécessité de respecter l'échéance électorale. L'opposition a dû se réunir hier soir, a indiqué la députée Nayla Moawad, qui appartient au regroupement des députés et partis chrétiens antisyriens. "Nous allons adopter une position commune et tenter de mettre en échec les manoeuvres du pouvoir qui veut saboter l'échéance électorale", a-t-elle ajouté. "Pour faciliter les choses, l'opposition pourrait proposer le nom d'une personnalité sunnite qui succèderait à Karamé, mais en cas de nouvelles tergiversations, nous n'aurons d'autre choix que de recourir à la mobilisation populaire pour forcer ce parlement à adopter une loi électorale et fixer les dates", a prévenu Mme Moawad. "Ceux qui continuent de s'accrocher à un pouvoir périmé ne se rendent pas compte qu'une révolution pacifique est en cours et que le peuple libanais ne les laissera pas mettre en danger la stabilité politique du pays", a-t-elle ajouté. Le député Walid Ido, membre du bloc Hariri, a confirmé les contacts en cours au sein de l'opposition pour adopter une attitude unifiée. "Mais il ne faut pas se leurrer. La majorité parlementaire (pro-syrienne) va continuer à exécuter les ordres et à perdre du temps. Dans ces conditions, nous serons forcés de recourir de nouveau à la mobilisation populaire", a-t-il ajouté. L'un des principaux ténors de l'opposition, le Druze Walid Joumblatt a qualifié la décision du Premier ministre en titre, Omar Karamé, de se désister de "fuite en avant qui ne sert à rien".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com