Flash-back





La question kurde dans sa version irakienne L’avènement d’un président kurde à la tête du nouvel Etat irakien, en l’occurrence Jalal Talabani, est un événement qui peut paraître inattendu. Son effet de surprise relève du passé des relations entre les diverses composantes ethniques et confessionnelles irakiennes plutôt que du présent. Qu’en est-il donc de la spécificité historique de la question kurde en Irak? Il va sans dire que la question kurde avec ses ramifications en Turquie, en Iran et en Syrie débordent le contexte irakien. Ces pays comptent chacun une présence kurde plus ou moins importante. Au demeurant les origines des Kurdes remontent aux Mèdes, peuple de l’Iran ancien. L’histoire glorieuse des Kurdes au sein de la civilisation arabo-musulmane renvoie surtout à la dynastie des Ayoubides (Ayoubiînes) qui régna sur l’Egypte et la Syrie au temps des Croisades. Le Sultan Salaheddine Al Ayoubi, le libérateur d’Al Qods des Croisés serait donc d’ascendance kurde. On compte de nos jours 20 à 25 millions de Kurdes dont 13 à 15 millions vivent en Turquie, 5 à 6 millions en Iran, 4 à 5 millions en Irak, 1,5 million en Syrie et 500.000 en Arménie. Leur langue est rattachée aux langues iraniennes et la plupart des Kurdes sont musulmans sunnites. Lors de la délimitation des frontières de l’Irak occupé par la Grande-Bretagne en 1925, le Kurdistan irakien fut annexé au pays par la volonté britannique. Des décennies durant (entre 1921 et 1958), les Kurdes n’ont cessé d'exprimer leur mécontentement par des rébellions successives. En 1958, la monarchie pro-britannique (en Irak) est renversée par un coup d’Etat militaire conduit par le général Abdulkarim Kacem. Cet événement nourrit l’espoir chez les Kurdes. Mais ils sont très vite déçus par le comportement des politiques du nouveau régime. La rébellion kurde conduite par le leader emblématique Mustapha Barazani reprend de plus belle. En 1970, le parti Baâth prend le pouvoir en Irak et engage des négociations avec les Kurdes sur l’autonomie de la province. Un accord est alors signé entre Saddam Hussein et Mustapha Barazani stipulant que la région autonome devrait être définie dans un délai de 4 ans. Mais au bout de ce délai, les deux parties ne parviennent pas à un consensus. La guerre éclate ainsi de nouveau entre les forces du régime irakien et les milices rebelles kurdes (Les Pechmergas). En dépit d’une période d’accalmie à la suite de l’accord d’Alger de 1975, les hostilités s’accentuent pendant les années 80 et culminent avec une vaste opération de répression antikurde menée par le régime irakien en 1988. A la suite de la défaite du régime baâthiste irakien en 1991 pendant la première guerre du Golfe, la rébellion kurde éclate de nouveau, conduite par le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) dirigé par Massoud Barzani et l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK) dirigé par Jalal Talabani. En 1992, les Kurdes irakiens élisent pour la première fois leur “parlement régional”. Mais la guerre civile se déclencha ensuite entre partisans du PDK et de l’UPK. Aujourd’hui le Kurdistan irakien est divisé en deux zones possédant chacune son propre parlement et son gouvernement. Abdelmajid HAOUACHI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com