Liban : Un pro-syrien pour le nouveau gouvernement





L'opposition libanaise a décidé hier de proposer au chef de l'Etat, Emile Lahoud, le nom de l'ex-ministre pro-syrien Nagib Miqati comme Premier ministre chargé de former un nouveau gouvernement, a indiqué l'un de ses députés. Le Quotidien-Agences Nous avons pris la décision de désigner Nagib Miqati", député du Liban nord, comme candidat au poste de Premier ministre, a déclaré Walid Ido, député du bloc parlementaire de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, assassiné le 14 février. "Nous achevons maintenant notre réunion et une délégation de l'opposition va se rendre au palais présidentiel pour proposer lors des consultations le nom de Miqati", un ami personnel du président syrien Bachar Al-Assad, a-t-il ajouté. A l'issue d'une réunion de trois heures au siège du Parlement, le député Mosbah al-Ahdab a justifié le choix de Miqati comme candidat au poste de Premier ministre. "Miqati s'est engagé publiquement à tenir les législatives dans les délais (avant le 31 mai), à ne pas être candidat à ces élections et à démettre les chefs des services de sécurité et le procureur général", une demande de l'opposition, a indiqué Ahdab. Il a ajouté avoir émis des réserves sur le choix porté sur Miqati, à l'instar de ses deux collègues, les députés du Liban nord, Nayla Moawad et Boutros Harb. Moawad a affirmé que "par expérience Miqati n'inspire pas confiance". "Je doute qu'il tienne sa parole". Lahoud a entamé hier matin des consultations obligatoires en vue de désigner un nouveau Premier ministre en remplacement du pro-syrien Omar Karamé, démissionnaire faute d'avoir pu former un nouveau gouvernement après avoir été remis sur selle. L'opposition avait refusé de composer avec le pouvoir pro-syrien affaibli par le retrait des troupes de Damas sous la pression de la population libanaise et de la communauté internationale. Mais son revirement a été dicté par son souci de tenir le scrutin le plus vite possible afin d'éviter une prorogation du mandat du Parlement à majorité pro-syrienne. Le principal chef de l'opposition, le leader druze Walid Joumblatt a impulsé ce changement d'attitude. "L'opposition doit nommer quelqu'un. Il faut jouer le jeu. Il faut que quelqu'un de l'opposition participe. Maintenant, le but, ce sont les élections", a déclaré Joumblatt à Paris avant un entretien avec le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier. ______________________ Barnier pour la mise en place rapide d’un gouvernement Paris-Agences Le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a confirmé hier au chef druze Walid Joumblat, principale figure de l’opposition libanaise, le souhait de Paris qu’un gouvernement soit mis en place rapidement à Beyrouth et que l’échéance des élections en mai puisse être tenue. Rendant compte d’un entretien à Paris de Barnier avec Joumblatt, une porte-parole française a indiqué à la presse qu’il s’inscrivait «dans le cadre du dialogue régulier que nous entretenons avec les forces politiques libanaises». Barnier «a confirmé note souhait que le gouvernement soit mis en place rapidement et que l’échéance des élections au mois de mai puisse être tenue», a déclaré Cécile Pazzo di Borgo, porte-parole adjointe du Quai d’Orsay. Comme on lui faisait remarquer que les élections semblaient aujourd’hui menacées, elle a répondu : «C’est vrai que c’est difficile. Le temps avance mais c’est encore jouable. Il appartient aux Libanais de faire ce qu’il faut pour que ce délai (de la fin mai) puisse être tenu. Ce n’est pas à nous d’interférer». Elle a rappelé que les élections libanaises devaient se tenir «sous observation internationale» et qu’une «contribution européenne» serait proposée aux autorités libanaises «le moment venu».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com