“L’ailleurs qui est ici” : Poésie sans frontières





Adonis, Ben Jelloun, Bekri, Laâbidi, Makhlouf, Stétié et d’autres poètes étrangers résidant en France réunis dans une anthologie. “Confluences poétiques” est le nom d’une association regroupant des poètes étrangers vivant en France, étrangers par l’origine et le vécu, non le statut de la loi —car nombre de ces poètes ont acquis entre-temps la nationalité française. Son objectif: “rendre hommage à la poésie, à l’amitié et à la reconnaissance.” Cette association compte parmi ses membres de nombreux poètes arabes, comme les Syriens Adonis, Maram Al-Massri et Aïcha Arnaout, les Marocains Tahar Ben Jelloun et Abdellatif Laâbi, les Libanais Andrée Chédid, Salah Stétié, Vénus Khoury-Ghatta, Issa Makhlouf et le Tunisien Tahar Bekri. Ou encore Lorand Gaspar, poète français d’origine hongroise qui a longtemps vécu en Tunisie, où il avait publié, dans les années 1970-1980, Alif revue littéraire bilingue (en arabe et français). “La poésie souligne la diversité des hommes dans le temps et dans l’espace, dans la vie et dans la mort, elle proclame la richesse de ces différences et démontre leur merveilleuse et profonde unité”, lit-on dans l’introduction de “L’Ailleurs qui est ici”, première anthologie de poèmes de “Confluences poétiques”, publiée par Le Temps des Cerises (Paris-Mars 2005, 208 pages), sous la signature de Tahar Bekri, Jean Métellus, Luis Mozon et Jean Portante. Qui ajoutent: “Il n’y a rien de plus proche qu’un poème. Il résonne de poète en poète, de lecteur à lecteur, il est un langage ancien qui nous traverse. Il appartient à nous”. Cette anthologie, qui tient lieu d’acte de naissance à l’association, regroupe des textes inédits de vingt deux poètes membres. Chacun de ces poètes a cependant été invité à choisir un poème qui a compté dans sa vie. Adonis a ainsi choisi un “art poétique” d’Abou Nawas (757-814). Aïcha Arnaout a porté son choix sur Abou Alâ Al Maârri (973-1057) et Abdellatif Laâbi sur le poète syrien contemporain Mohamed Al Maghout. Quant à Tahar Bekri il a traduit et présenté “Elégie XXII”, un poème du grand poète classique tunisien Ali Al Hoçari (1042-1106), dont le poème “Yâ Laylou As-sabboû” (O nuit d’amour) est aujourd’hui un des plus célèbres de la poésie arabe. Né à Kairouan, aveugle dès sa prime enfance, grand érudit, théologue et écrivain, Ali Al Hoçari a longtemps vécu en exil en Andalousie. “Outre sa poésie d’amour, il fut un grand poète de l’exil et de l'élégie. Exil et nostalgie de la terre quittée”, écrit Bekri. Ses vers les plus bouleversants restent cependant ceux écrits pour pleurer la disparition de son fils Abdelghani. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com