M. Katsuyuki Kawai, en visite officielle en Tunisie, au Quotidien : «Nous demandons le soutien de la Tunisie à notre candidature au Conseil de sécurité»





M. Katsuyuki Kawai, secrétaire parlementaire japonais aux Affaires étrangères chargé des Affaires au P.O et en Afrique vient d’effectuer une visite officielle en Tunisie. Elle rentre dans le cadre d’une campagne de promotion lancée par le gouvernement japonais afin de trouver le soutien à sa candidature au Conseil de sécurité. Pourquoi cette volonté d’être membre du Conseil, qu'attend, dans ce sens, le Japon de la Tunisie. L’envoyé japonais nous répond dans cet entretien qu’il a accordé au Quotidien. Le Quotidien: Dans quel cadre s’inscrit cette visite officielle? M. Katsuyuki Kawai: Il y a deux raisons à cette visite. La première est la promotion des relations bilatérales entre les deux pays. Des relations qui viennent de connaître un nouvel élan après la participation de la Tunisie à l’exposition universelle “AICHI 2005” et pour laquelle je viens d’inviter les plus hauts responsables tunisiens. Dans le même cadre, je viens de proposer à mes interlocuteurs tunisiens l’organisation d’une année de la Tunisie au Japon qui sera suivie d’une autre du japon en Tunisie. Ainsi, on aura l’occasion de multiplier les contacts au niveau politique, culturel et social entre les deux pays. Une idée qui a donné un très bon écho chez les responsables tunisiens. Le deuxième but de cette visite est d’évoquer avec le Gouvernement tunisien la réforme des Nations unies. Le Japon vient d’annoncer sa volonté de devenir membre du Conseil de sécurité. Nous venons donc exposer notre point de vue et demander le soutien du gouvernement tunisien à notre candidature afin que le Japon puisse contribuer à l’action internationale. En tout état de cause, cette visite, ma première en Tunisie, a été l’occasion pour moi de connaître ce très beau pays et constater, par la même occasion, le progrès de la Tunisie par rapport aux autres pays arabes. Une visite qui m’a laissé une très bonne impression que je vais certainement mettre en valeur lors de mon retour au Japon. Vous dites que vous venez en Tunisie demander un soutien à votre candidature au Conseil de sécurité. Mais pourquoi précisément cette volonté? — Je veux d’abord préciser une chose: notre volonté à devenir membre du Conseil de sécurité n’est, en aucun cas, mercantile. Nous pensons tout simplement qu’une réforme de l’ONU est devenue aujourd’hui impérative. L’ONU doit être réformée parce qu’elle n’est plus représentative de la carte du monde actuel. Lorsque l’Organisation a été créée, il y a 60 ans, la plupart des pays du monde étaient encore occupés. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La carte du monde a profondément changé et l’ONU doit suivre le pas. Maintenant, pourquoi le Japon veut-il devenir membre du Conseil de sécurité? Cela d’abord parce qu’on croit que le Japon, la deuxième force économique du monde, doit être parmi les grands. Une force économique qu’on veut utiliser dans le cadre des Nations unies afin de résoudre les conflits qui secouent la communauté internationale. Le Japon veut être membre du Conseil de sécurité parce qu’il pense qu’il peut contribuer à l’instauration de la paix dans le monde. La paix qui doit d’abord passer par l’abolition des armes de destruction massive. Or, comme on le sait, tous les membres actuels du Conseil de sécurité détiennent l’arme atomique. Ce sont là quelques motivations, il y en a beaucoup d’autres. L’actuelle crise avec la Chine, membre du Conseil de sécurité, ne peut-elle pas entraver cette démarche? — Je ne pense pas. Il est normal qu’à un moment ou à un autre, il y a des problèmes entre des pays voisins. Par ailleurs, c’est là un problème qui peut être résolu normalement par la voie des institutions internationales. Ceci étant, tous les pays asiatiques soutiennent la candidature japonaise. Seule la Chine, dans le cas actuel, qui est contre mais c’est là une position qui peut évoluer. Il n’est pas, en effet, de l’intérêt de la Chine de s’opposer à tous les pays asiatiques. Le Japon a refusé d’envoyer des soldats au Soudan dans le cadre d’une mission de paix des Nations unies. Pourquoi alors avez-vous accepté de le faire en Irak? — Il y a dans la Constitution japonaise une loi qui interdit l’utilisation de nos forces armées d’auto-défense dans des conflits loin des territoires japonais. Nous ne pouvons donc pas envoyer nos soldats s’interposer à un conflit qui se déroule réellement sur le terrain. Si nous l’avons fait en Irak, c’est parce qu’on savait que la zone où ils ont été envoyés était sécurisée et qu’ils n’allaient donc pas être impliqués dans des combats avec les Irakiens. La mission de l’armée japonaise en Irak est purement humanitaire, elle ne va pas participer à une guerre, ce qui aurait été le cas si nous avions envoyé des soldats au Soudan. Par contre, pour cette dernière, nous avons préféré envoyer des aides financières d’un montant de 100 millions de dollars. Et pour le conflit israélo-palestinien, que peut faire le Japon? — Il est naturel que le Japon tente de résoudre le conflit israélo-palestinien comme il l’a fait en Afghanistan et en Irak. Le gouvernement japonais fait des efforts considérables dans ce sens. Je suis personnellement impliqué dans ce processus. Je viens, en effet, de participer en tant qu’observateur à la tête de toute une délégation japonaise aux dernières élections présidentielles palestiniennes. Le Japon a toujours voulu la paix dans cette région. Elle travaille et elle continue à travailler pour cela. Cela est vrai pour le conflit mais il l’est aussi pour tous les autres conflits dans le monde. Propos recueillis par Med Ali BEN REJEB


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com