Barbara Hendricks : Le swing et nous





Les férus de jazz ne pouvaient rêver d’une meilleure clôture du premier festival de Jazz à Carthage, samedi dernier à Carthage Palace. Du gospel, du classique, du jazz… pour un public séduit par une perle rare : Barbara Hendricks, une légende mondiale. Un clin d’œil. La reine du swing, Barbara Hendricks, qui était accompagnée de Magnus Lindgren Quartet «Jazz project», un groupe suédois, fut éblouissante, étincelante, lumineuse. Egrenant les standards de jazz comme un chapelet, religieusement, avec une dévotion de diva, elle a eu droit aux applaudissements chaleureux d’un public aux anges. La chanteuse était ce soir-là à la hauteur de son rythme : à la fois transcendante et accessible, divine et humaine, dialoguant avec les spectateurs avec une simplicité non dénuée de tendresse, dialoguant aussi avec ses musiciens qui ont su la porter sur les ailes de la musique. La voix était haute, pleine, tour à tour intense et satinée, ensorcelante et veloutée. Il n’en fallait pas tant pour que les amateurs de jazz se sentent pousser des ailes, eux-aussi. C’est tout naturellement que la cantatrice a achevé son tour de chant par Night in Tunisia, la célèbre chanson standard de Dizzy Gilespie. Une nuit d’or et de satin, qui restera longtemps gravée dans la mémoire des amoureux de jazz. Le plus heureux de tous était Mourad Materi, organisateur du festival de Jazz à Carthage, qui s’est tenu du 12 au 16 avril dans la banlieue nord de la capitale a été une réussite à tous les points de vue. Le programme était de qualité avec des jazzmen confirmés : Julien Lourau Quintet (12 avril), Anouar Brahem (13 avril), Steve Coleman (14 avril), Johnny Griffin Quartet (15 avril) et la cerise sur le gâteau : Barbara Hendricks (16 avril). Le public a toujours répondu présent. Les manifestations parallèles, les master-classes, le dimanche 10 avril avec Anouar Brahem à Ennejma Ezzahra, les Jam-sessions les 13 et 16 avril animées par Sindela Group à Carthage Palace, l’apéro-jazz, les 13 et 16 avril avec Faouzi Chekili au Golden Tulip, l’exposition Citizen jazz à la galerie d’Art Essaâdi à Carthage, ne sont pas non plus passées inaperçues. Au contraire, elle ont permis aux artistes tunisiens d’apporter chacun une pierre à l’édifice. C’est le jazz, un genre musical en vogue actuellement dans notre pays, qui en est sorti grandi. Le défi a donc été relevé haut la main «Je me suis retiré définitivement de l’organisation du festival de jazz de Tabarka dont j’était l’initiateur. J’en ai conçu une certaine frustration. Etant moi-même un grand amateur de jazz, j’ai pensé créer mon propre festival. Et ce fut jazz à Carthage», nous a déclaré Mourad Materi à l’issue du concert. Avec cinq concerts, près de cinq mille huit cents spectateurs et des retombées médiatiques importantes, cette manifestation a tenu toutes ses promesses. A la prochaine ! Zohra ABID ________________ Coup de cœur A la fin du spectacle, Barbara Hendricks a cédé la scène aux deux petites jumelles, Camille et Cécile, filles du facteur de pianos à Aix-en Provence (France), Alexandre Bouâziz. Elles étaient accompagnées de leur belle-mère et ont joué au piano quelques pétillants morceaux. Le public était séduit par le talent de ces deux «bout de fillettes» qui affichent un radieux avenir dans ce genre musical. Elles étaient inclassables. Bravo.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com