Héla Ammar : Un monde en gestation





Des paysages et des nus sans le moindre signe de vie. Ainsi est fait le monde de Héla Ammar. Avant de voir le jour et de se concrétiser. L’exposition inaugurée le 15 avril à la galerie El Marsa, sise à la place Saf Saf de la Marsa, se poursuivra jusqu’au 8 mai. Des éclats et de l’éclat… Dans ses paysages d’avant la création, explosifs mais purs, comme dans ses nus, tout en ombre et en lumière, Héla Ammar construit un monde très personnel, tout en mouvement, éruptif, énergique, en perpétuel devenir. Dans ses toiles où elle alterne deux techniques : l’acrylique et l’huile sur toile, couleurs et lumières, formes et matières naissent les uns des autres comme une genèse. La violence du mouvement, suggérée par l’éclat des formes et des lumières est empreinte cependant d’une tendre poésie. Car ici, les éléments (air, eau, feu, terre…) sont à la recherche d’un équilibre, d’une harmonie, d’un ordre toujours à venir. Héla Ammar ne fixe pas des images, elle ne les renvoie pas à des visions antérieures, elle ne dit pas le monde, elle exprime des sensations, des émotions, des vibrations intérieures. Elle ne représente pas le monde, elle le fait plutôt advenir dans l’instant même de la création. Ses paysages qui ressemblent tantôt à une estampe japonaise, tantôt à une composition abstraite, sont autant d’instantanés d’un monde en mutation et expansion, débordant d’énergie vitale. «Dans certaines toiles, est-ce le ciel qui s’obscurcit à l’approche d’une menace ou la sombre montagne qui se reflète dans le diaphane des nuages? La montagne prend des allures aériennes et le ciel un aspect minéral. De même que des grandes traînées d’eau ou de roches éclaboussent certains tableaux de part en part, créant une dynamique, un courant (tellurique), entraînant le rythme de la lecture… Pourtant aucune végétation ici ne semble avoir sa place, s’il y a de la respiration, du souffle, de l’ampleur, de la force, voire de la rage, c’est essentiellement dans la gestualité…», écrit magnifiquement Amel Zmerli dans la préface d’un joli catalogue édité par la galerie El Marsa. Où a pris part le photographe Mohamed Ali Essaâdi en photographiant les tableaux de l’artiste avec talent et amour à la fois. Dans cette seconde exposition personnelle - la première s’est tenue en 2003 à la Galerie Mille Feuilles La Marsa - Héla Ammar, peintre autodidacte mais titulaire d’un D.E.A. en Droit économique et des affaires, confirme ses qualités artistiques. Elle devra peut-être apprendre à se détacher progressivement de l’influence du peintre Mahmoud Sehili qui a assuré sa formation de 1988 à 1995. Sa touche, sa sensibilité, sa technique sont déjà évidentes. Il ne lui reste donc qu’à les parfaire. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com