Soirée Spéciale Karl Valentin : Le comique dans tous ses états





Le théâtre Al Hambra depuis début avril a accueilli lundi après-midi une soirée spéciale consacrée aux films de l’homme de théâtre et cinéaste allemand Karl Valentin. Ce fut une véritable découverte des œuvres comiques de l’acteur à travers des films «muets» et «parlants». Bertolt Brecht disait de Karl Valentin : «Il est lui-même une plaisanterie vivante. Une plaisanterie tout à fait compliquée, avec laquelle on ne plaisante pas». Cette assertion s’applique incontestablement à l’ensemble des œuvres de ce cinéaste. En effet, les six films projetés, avant-hier, à El Hambra, à l’occasion de cette soirée spéciale ont confirmé que Karl Valentin reste l’un des remarquables dramaturges et comiques munichois des années 20 et 30. Au nombre de six, ces films sont répartis en deux catégories. Dans la première, on trouve les films dits «muets», et dans la seconde ceux dits «parlants». Projetés durant la première partie : «Le Bureau neuf» et «Le mariage de Valentin», deux courts métrages d’une durée de 8 minutes chacun et appartenant à la catégorie de films «muets» ont embarqué l’existence dans une ambiance vraiment comique. Dans ces deux films, le geste guidait tout. Tout était orienté par des indications. L’exemple le plus percutant est que dans «le Bureau neuf», de la fabrication du bureau, à sa vente et à son installation, les gestes ont régné en maîtres absolus... Même la contestation de la qualité du bureau par le propriétaire a été exprimée par le geste, des mesures et des contre-mesures. «Le mariage de Valentin» a aussi mis l’accent sur cette contestation par et à travers le geste et où le cinéaste semble toujours privilégier le comique. Car dans ce court métrage, Karl Valentin reconstitue le scénario du mariage autour du geste et du «Contre-geste». Ici encore, tout s’exprime par le geste. Même l’intimité et la joie des noces et parfois leur «brouille» sont représentées à travers le geste «mouvementé» et comique. * La parole, guide du geste Les quatre courts métrages projetés lors de la deuxième partie de la soirée Karl Valentin, et appartenant à la catégorie des films «Parlants», ont été une confirmation de la polyvalence du dramaturge allemand. Si «l’orchestre répété», premier court métrage de cette catégorie, a fait découvrir aux cinéastes une séance musicale, où il y a un véritable mixage entre chants, percussions, compositions. La parole semble y guider le geste. C’était aussi le cas dans «La sortie au théâtre», le deuxième court métrage «Parlant». Dans ce film, la parole trouve aussi sa véritable place dans le scénario du dialogue entre les différents acteurs. Elle est réduite, par contre, dans «Le salon de violon raté» troisième court métrage où la violence semble l’acculer au second rôle. Mais dans «L’Héritage» dernier court métrage, la parole retrouve la place qui lui revient de droit dans le scénario des films comiques. Il y a du dialogue et du procès pour permettre à chacun des ayants droit d’avoir sa part d’héritage. Si ce court métrage avait touché du bout du doigt, dans les années 20, des sujets politiques, et a fait l’objet d’une censure, il a réussi toutefois à revenir sur la scène cinématographiques, comme d’ailleurs une bonne partie des œuvres de Karl Valentin. Pour la plupart en noir et blanc, celles-ci gardent encore intacte toute leur qualité cinématographique. Une qualité rehaussée par un style comique où le rire est roi. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com