Les jeunes et les traditions : Farouchement attachés à leurs racines





A priori, les habitudes et les coutumes sont transmises de génération en génération. Considérées comme un héritage de civilisation qui se transmet aux successeurs, les traditions font partie de l’identité d’un peuple et doivent par conséquent être préservées. D’aucuns pensent que nombre de jeunes font probablement aujourd’hui la “sourde oreille quand il s’agit de fête traditionnelle. En revanche, ils semblent être les premiers à célébrer le Jour de l’An, la Saint-Valentin ... Ce constat reflète-t-il la réalité? Témoignages. Tunis - Le Quotidien Aujourd’hui, la Tunisie, à l’instar de l’ensemble du Monde arabo-islamique, célèbre la fête du Mouled. La tradition veut que tous les foyers sentent l’odeur du pin d’Alep et des fruits secs même si l’occasion est purement religieuse. Nos traditions et coutumes ont allié la préparation de l’ ‘“Assida” au “Mouled”. Les jeunes gens aiment, normalement, faire exception à la règle. L’usage collectif ne les emballe pas forcément. En revanche, ce qui les branches, c’est l’ambiance festive. Mourad, 20 ans, élève en terminale, n’accorde pas une grande importance aux traditions. Par contre, ce qu’il tient à préserver ce sont les traditions de base directement liées à notre civilisation arabo-musulmane. “Je trouve que le seul Aïd qui répond parfaitement aux critères arabo-musulmans c’est bel et bien l’Aïd El Idha. Le sacrifice émane de l’histoire du prophète Ibrahim qui allait sacrifier son fils suite à une vision prophétique. Et envers qui Dieu a été clément en lui envoyant un messager pour remplacer son fils Ismaïl par un mouton. Le sacrifice du mouton que les Tunisiens, entre autres, préservent est une sunna islamique, que je préserve à mon tour”, dit-il. Mourad tient aussi à d’autres traditions qui, selon lui, sont primordiales pour sauvegarder notre identité et notre civilisation. “Parmi les choses sur lesquelles je suis intransigeant, c’est le fait que la fille doit préserver sa virginité jusqu’au mariage. D’ailleurs notre culture et notre religion l’imposent. Et les jeunes filles de nos jours semblent trop portées sur tout ce qui provient de la culture occidentale. Je ne suis pas contre le fait de célébrer le Jour de l’An ou les autres fêtes, après tout, cela se limite à l’ambiance. Mais delà à adopter des comportements et des croyances totalement contradictoires à nos origines ... Il n’en est pas question !”, ajoute-t-il. Achref, 19 ans, élève en 6ème année n’est pas très différent de Mourad. Le jeune homme a aussi l’air d’être vraiment “in” tout comme Mourad d’ailleurs, mais les apparences sont parfois trompeuses. “La Saint-Valentin, Noël, Pâques ... sont des fêtes étrangères. Hélas, bon nombre de jeunes semblent accorder à ce genre de fêtes beaucoup plus d’importance que nos propres fêtes ! Rares sont ceux qui célèbrent le nouvel An de l’Hégire, or quasiment tous les Tunisiens fêtent le Jour de l’An administratif. D’ailleurs même la manière dont on célèbre les fêtes religieuses est beaucoup plus portée sur la bouffe et les habits. Certes, cela est devenu une tradition qui se transmet de génération à une autre, mais il faudrait peut-être en parallèle qu’on n’accorde plus autant d’intérêt aux futilités. Le fond est plus important que la forme”, dit-il. Amine, 20 ans, candidat au bac, a un avis plutôt mitigé. Le jeune homme célèbre le Jour de l’An, tient toujours que le “consensus” et la “Mloukhia” figurent parmi les plats de résistance et se sent fier de ses origines, de sa civilisation et de sa culture. “Je voudrais préciser que si je suis toujours partant par exemple pour célébrer le réveillon, c’est seulement pour faire la fête. Mais en général, je suis contre tout comportement qui s’oppose à notre civilisation. Il faut absolument qu’on préserve toutes nos traditions sans exception : gâteaux de l’Aïd, mouton, assida, henné de la mariée ... Même celles qui paraissent futiles font de nous un peuple qui a ses propres règles et ses propres repères. Si nous les perdons, nous n’aurons plus aucune identité”, dit-il. Amine pense que les jeunes d’aujourd’hui sont trop influencés par le mode de vie occidental. Et cela le terrifie : “Petit à petit, les générations futures ne connaîtront nos traditions qu’à travers les livres d’histoire et cela est vraiment grave ! Je suis totalement pour qu’on revienne toujours à la source pour ne pas perdre nos origines. Célébrer les fêtes occidentales ne doit jamais dépasser l’enseigne de l’ambiance festive”, conclut-il. Et dire que l’idée qui règne est celle qui accuse les jeunes gens de rompre avec les traditions ! Décidément, nous devrions réviser ces idées reçues car nombre de jeunes tiennent encore à notre patrimoine et à notre civilisation. Abir Chemli OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com