«La Maison sur la Colline» : La crise identitaire





“La maison sur la colline”, ce n’est que des feuilles réelles et sincères du journal intime de Hédi Zarrouk, vécu dans une famille coloniale, qui a choisi en toute conscience de délaisser tout pour faire un retour aux sources. Ce tiraillement entre deux mondes, deux identités… est peint soigneusement dans ce roman. “L’histoire véridique d’un descendant de Larbi Zarrouk, séparé de sa famille par le pouvoir colonial mais demeuré Tunisien dans l’âme”: c’est ainsi que les Editions Nirvana ont présenté et surtout résumé les problèmes que pose “La maison sur la colline”. Ayant vu le jour dans une famille tunisienne au début du 20ème siècle, Hédi Zarrouk a été séparé tout petit de ses racines tunisiennes et obligé à vivre à l’européenne. Hédi Zarrouk n’est pas le premier à vivre cette expérience, il fait partie d’un échantillon d’une jeunesse tunisienne qui a vécu tiraillée entre deux mondes. A travers 238 pages, Hédi Zarrouk nous raconte en détail les péripéties de cette existence problématique. Les tableaux se succèdent et Hédi Zarrouk, qui a dépassé aujourd’hui les quatre-vingts ans, n’a rien oublié, car ces événements sont restés gravés dans son cœur. Avec une description fine et détaillée, le romancier nous a offert en premier lieu un gros plan de cette maison qui a marqué sa vie. C’est de cette maison située sur la colline que Hédi Zarrouk a commencé à réaliser et à poser des questions sur ce conflit entre colonisateur et colonisé. “La colline, la petite colline où elle se situait était assez éloignée de la plage étroite, plus bas, protégée par un autre de ces grands monticules de terre d’un rouge délavé, rose par endroits, qui composaient ce paysage marin (…) Dans les fonds où s’amassait un peu de sable décanté là par les ruissellements successifs, une végétation d’oxalis à fleur jaunes, des glaïeuls sauvages rouge foncé, des plantes rampantes aux minuscules fleurs rouge sang, jaune vif, tout un petit monde végétal chatoyant surgissait à la moindre ondée”, écrit Hédi Zarrouk avec les yeux d’un enfant. Dans son premier roman, m’auteur a opté pour un va-et-vient entre la description et l’analyse psychologique des personnes qui l’entourent pour bien narrer sa vie. Des plans d’ensemble, des gros plans et même des plans-séquence se croisent pour raconter la vie de Hédi Zarrouk à qui on a même attribué un nom européen pour que ce déracinement soit total et définitif. Des études ailleurs, une vie complètement faite à l’occidentale… Hédi Zarrouk n’a pas perdu ce fil qui l’attache à la Tunisie. Le texte brodé minutieusement, l’auteur multiplie les approches pour nous livrer une poignée de portraits de personnages réels. L’analyse sociale de l’impact de quelques événements se croise avec la narration pour souligner cette déchirure qui marque profondément l’auteur. “La maison sur la colline” reflète l’inquiétude et la souffrance du romancier même après son retour au sein de sa famille, à sa terre. Dans son premier roman, Hédi Zarrouk sur un ton nostalgique invite son lecteur à la découverte de multiples facettes d’une société coloniale qui paraît forte mais qui est au fond fragile. “La maison sur la colline” est une fiction où le réel et l’irréel sont les deux facettes de l'existence. Hédi Zarrouk sera-t-il avec sa “Maison sur la colline” l’un des lauréats du Prix littéraire Comar d’or? C’est ce soir qu’on connaîtra la réponse. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com