Irak : Le gouvernement piétine, la Résistance se renforce





La formation du gouvernement irakien a été une nouvelle fois reportée hier en raison de marchandages de dernière minute, onze semaines après la tenue des élections, alors que la violence continue de frapper un peu partout en Irak. Le Quotidien-Agences Dans un contexte de violence accrue, l'annonce du gouvernement, prévue hier par plusieurs responsables, a été repoussée et interviendra "peut-être mardi" (aujourd’hui), a indiqué Jawad Maliki, numéro deux du parti chiite Dawa, dont le chef Ibrahim al-Jaâfari, Premier ministre désigné, est chargé de former le cabinet. Selon Jawad Maliki, "le gouvernement devait, selon nos prévisions, être annoncé aujourd'hui mais la discussion de certains détails concernant l'attribution de postes ministériels l'a empêché".Il a expliqué ces difficultés par les demandes, qu'il a jugé excessives, des groupes invités à participer au cabinet, en particulier celui du Premier ministre sortant Iyad Allaoui et d'un groupe de personnalités sunnites. "En principe, le gouvernement doit être annoncé aujourd'hui. Il y avait des petites choses à régler dimanche soir", avait déclaré dans la matinée Maliki, soulignant que subsistaient des "différends entre les sunnites eux-mêmes" sur le choix de leurs ministres. Selon lui, ainsi que d’après le ministre sortant des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, la Liste irakienne de Allaoui, qui a conditionné son entrée au gouvernement à l'obtention d'un poste de vice-Premier ministre et quatre portefeuilles ministériels, a "peu de chance" d'y participer. "Nous n'avons reçu aucune réponse à nos demandes jusqu'à maintenant. Si elles ne sont pas satisfaites, nous ne pouvons pas participer au gouvernement", a affirmé Rassem Awadi, chef de la délégation de négociateurs de la Liste irakienne, qui a remporté 40 sièges au Parlement de 275 membres. De leur côté, les sunnites du Front national ont insisté pour que les personnes qu'ils ont proposées pour être ministres soient acceptées. "Si nos demandes ne sont pas acceptées, nous ne participerons pas au gouvernement", a prévenu un membre du Front National, Khalaf Alyane. Le groupe d'Abou Moussab al-Zarqaoui, l'homme d'Al-Qaïda en Irak, a mis en garde dimanche les sunnites voulant entrer au gouvernement, les menaçant de mort. Selon des sources proches des négociations, le nouveau gouvernement doit comprendre 32 postes: dix-sept revenant aux chiites, neuf aux Kurdes, quatre aux sunnites, un aux Turcomans et un aux chrétiens. * Diverses attaques Par ailleurs, trois Irakiens, un civil, un soldat et un insurgé, ont été tués hier alors que quatre autres ont été blessés dans diverses attaques dans le nord de l'Irak, selon des sources sécuritaires. Des oléoducs reliant des puits du champ de Bey Hassan, à 90 km au nord-ouest de la ville pétrolière de Kirkouk ont été sabotés dans la nuit, provoquant un incendie, selon un responsable de la Compagnie de pétrole du nord (NOC). Dimanche soir à Bagdad, une attaque antichiite a de nouveau été commise. Seize personnes ont été tuées et 50 autres blessées dans deux explosions à trois minutes d'intervalle dans un secteur chiite du quartier de Cholaa, dans le nord de la capitale, selon des sources concordantes. C'est la deuxième attaque antichiite depuis vendredi dernier. En fin, le ministère irakien de la Défense a accusé hier des soldats syriens d’avoir ouvert le feu sur des patrouilles irakiennes à la frontière entre les deux pays pour «faciliter l’infiltration en Irak d’un groupe d’individus». «Nos patrouilles ont riposté contraignant ces individus à prendre la fuite en direction du territoire syrien», a ajouté le texte sans préciser dans quel secteur de la frontière ces tirs ont eu lieu. ______________________ Le frère d’un Jordanien enlevé appelle ses ravisseurs à le libérer Dubaï-AFP Le frère d’un Jordanien retenu en otage en Irak a appelé hier ses ravisseurs à le libérer, faisant valoir qu’il n’était que le gérant d’une société koweïtienne travaillant dans ce pays et non son patron. Une source policière a indiqué à l’AFP dimanche à Bagdad qu’un homme d’affaires jordanien avait été enlevé par six hommes armés au centre de la capitale, en le présentant comme le propriétaire de la société. Aucun contact n’a été établi avec les ravisseurs. «Je les appelle à le libérer. Il n’est pas le propriétaire de la société», a indiqué Khaled Al-Sougi, précisant que son frère, un musulman sunnite de 40 ans, était marié et père de trois enfants. ______________________ Manifestations en Roumanie Bucarest-AP Plusieurs centaines de collègues, amis et soutiens des trois journalistes roumains enlevés en Irak ont défilé hier à Bucarest pour demander leur libération. Des manifestations étaient organisées dans plusieurs villes roumaines à la veille de l'expiration de l'ultimatum lancé par les ravisseurs, qui ont menacé d'exécuter leurs otages si la Roumanie ne retirait pas dans les quatre jours ses 800 soldats d'Irak. A Bucarest, les manifestants brandissaient des portraits des trois journalistes avec "liberté" écrit en anglais, en roumain et en arabe, ainsi que des ballons blancs portant le même mot. Ils ont marché jusqu'au siège du gouvernement où ils ont laissé un appel à la libération des journalistes et comptaient également se rendre à l'ambassade d'Irak.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com