L’AIEA peine à désigner son prochain directeur général





Le Quotidien - Agences Les gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a remis hier au mois du juin une décision sur la candidature de son prochain directeur général, alors que pour la première fois les Américains semblent fléchir sur leur opposition à Mohamed ElBaradei. Les 35 gouverneurs ont ajournés au bout d’une demi-heure leur cession afin de donner le temps aux Américains de se rallier au consensus sur le nom du directeur sortant. ElBaradei, un Egyptien de 62 ans qui est directeur général depuis 1997, est seul candidat à ce poste. Il bénéficie d'un large soutien des 35 Etats membres du conseil des gouverneurs, notamment la Chine, des pays non-alignés et les Européens. Les Etats-Unis s'opposent à sa réélection, officiellement parce qu'un chef d'une agence de l'Onu ne saurait servir plus de deux mandats, conformément à un usage établi par les principaux contributeurs aux organisations internationales, le "groupe de Genève". On estime cependant de source diplomatique que Washington lui reproche surtout de de ne pas être assez ferme avec l'Iran. Les Américains accusent Téhéran, qui dément, de vouloir se doter de la bombe atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil. De plus, ElBaradei s'était attiré la colère de l'administration Bush en mettant en doute en 2003 l'existence d'un programme nucléaire militaire, une des principales raisons invoquées pour renverser Saddam Hussein. Sa réélection nécessite une majorité des deux tiers, mais "les Américains n'ont pas la minorité de blocage (de 12 votes) requise pour s'opposer à lui", a déclaré un diplomate occidental. Certes, les Etats-Unis espèrent toujours qu'un vote sur le nom de ElBaradei échouera afin de permettre à un candidat extérieur de se faire connaître, a déclaré à l'AFP un responsable américain parlant sous couvert de l'anonymat. Le dépôt des candidatures a expiré fin décembre. Mais, a reconnu ce responsable, les Américains pourraient finalement céder: "la Maison-Blanche ne veut pas en faire un contentieux de politique étrangère dans une période où nous avons une bonne collaboration avec les Européens et d'autres sur des défis immédiats comme l'Irak, le Darfour, l'Iran, l'embargo sur les armes à la Chine, etc", a ajouté ce responsable. Paris a apporté un soutien public: " ElBaradei est le seul candidat et nous souhaitons qu'un consensus puisse se faire sur son nom", a déclaré ce mois-ci le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com