Cinéma Maghrébin : Clôture aux couleurs tuniso-marocaines





Deux films ont été projetés avant-hier soir lors de la clôture du cycle du cinéma maghrébin qui s'est tenu tout au long du mois d’avril au théâtre “El Hambra”. Il s’agit de “L’uniforme” du Tunisien Radhouane Dridi et d’ “Une minute de soleil en moins” du réalisateur marocain Nabil Ayouch. D’une durée de dix minutes seulement, “L’uniforme” véhicule un message fort instructif. Il occulte la face cachée de certaines pratiques que certains responsables ont recours dans leur façon de communiquer et de traiter les affaires courantes qui leur sont confiées. Brutalité, mots pas du tout catholiques, tels sont quelques-unes des méthodes utilisées par ces responsables pour imposer leur hégémonie au sein de leurs services respectifs. Héros de ce court métrage, le commissaire passe à l’action à la fin du film, occasionnant ainsi des dégâts. Bien qu’appartenant à la catégorie des films amateurs, “L’uniforme” manque parfois de vivacité dans son scénario. L’acteur a recours à une façon très brutale, et même à des insultes, des séquences “osées”, dans le cinéma tunisien. Mais le scénario du film est clair et véhicule comme il se doit le message que l’acteur veut faire passer. * Un assassinat non élucidé “Une minute de soleil en moins” du Marocain Nabil Ayouch est un long métrage d’une heure 30 minutes. Le film est une première en son genre dans la production cinématographique marocaine, puisqu’il s’agit d’un film d’enquête sur une mort suspecte d’un trafiquant de drogue marocain. La première suspecte dans cet assassinat est la maîtresse de cette victime. Placée en garde à vue, cette femme accueille son jeune frère, atteint d’une maladie incurable. Si tous les éléments réunis n’ont pas pu inculper la maîtresse, cette dernière reste néanmoins le témoin capital dans la mort du plus grand trafiquant de drogue de Tanger. Le film commence par un polar classique dans lequel on voit un cadavre, un policier qui embarque une belle suspecte. Tout au long du film, le réalisateur s’est attaché à relater toute l’histoire des suspects. Le film se révèle dans certaines de ses séquences, romantique, puisqu'on y voit de nombreuses scènes intimes parfois émouvantes, parfois troublantes. Car l’inspecteur chargé de l’enquête a lié des relations amoureuses avec la maîtresse suspecte pour ainsi former un couple “ambiguë”. Cette relation a compliqué la suite de l’enquête et compromet sur autre plan, les séquences qui pouvaient faire d“Une minute de soleil en moins” un véritable film policier. Sélectionné officiellement lors du Festival du film de Marrakech en 2002, ce long métrage a également pris part à la compétition officielle du Festival international du film du Caire en octobre 2002 et au Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier. A sa sortie en 2002, il a créé un tollé au Maroc, lequel régagna d’ailleurs le milieu parlementaire islamiste du royaume chérifien. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com