Né sur fond de Résistance et de pressions US : Un gouvernement irakien… incomplet





Au moment où les attaques contre les forces américaines et irakiennes se multiplient, le Parlement irakien a voté hier la confiance au gouvernement du Premier ministre chiite Ibrahim al-Jaafari au sein duquel cinq postes n'ont pas été attribués de manière définitive et deux vice-Premiers ministres n'ont pas été désignés. Le Quotidien-Agences Sur les 185 députés présents sur un total de 275, 180 ont voté pour ce cabinet, dont la gestation a pris des semaines de tractations et de marchandages entre les gagnants des élections générales du 30 janvier. Le résultat du vote annoncé, le président de l'Assemblée, le sunnite Hajem al-Hassani, a été salué par une salve d'applaudissements des députés. L'administration américaine est montée au créneau ces derniers jours pour souhaiter la formation rapide d'un gouvernement en Irak, où la violence n'a cessé de redoubler durant la période de transition politique. La liste de 36 membres, outre le Premier ministre, lue par Hassani laisse cinq ministères sensibles sans titulaires, dont la Défense et le Pétrole. L'Industrie, l'Electrité et les Droits de l'homme le sont aussi. "Ce sera fait dans les prochains jours", a assuré Hassani à propos de la nomination des ministres concernés. L'intérim du ministère de la Défense, qui devait aller à un sunnite, est assuré par le Premier ministre et celui du Pétrole par le laïc chiite Ahmed Chalabi, dirigeant du Congrès national irakien (CNI). Chalabi, champion de la politique de "débaassification" consistant à chasser de l'administration et des forces de sécurité les fidèles de l'ancien régime, avait ses entrées au Pentagone avant de tomber en disgrâce en raison de liens supposés avec le régime iranien. La composition du cabinet, qui compte pour l'heure sept postes attribués à des femmes, a été proposée au Parlement par le Conseil présidentiel de trois membres, dont le chef de l'Etat, le Kurde Jalal Talabani. * Des difficultés Prenant la parole après le vote, Jaafari a reconnu les difficultés qu'il a rencontrées pour former son cabinet, indiquant notamment que "certains groupes n'étaient pas d'accord entre eux et que certains ont présenté des candidats avant de les changer". Le bloc de l'ancien Premier ministre Iyad Allaoui, qui a 40 députés, n'est pas représenté au nouveau gouvernement, ses demandes de cinq postes ayant été jugées excessives. Cela n'a pas empêché l'un de ses membres, Husseïn Sadr, de souhaiter du succès à la nouvelle équipe. Jaafari a affirmé que le premier critère pour le choix des membres de son équipe avait été "la compétence, la probité et l'histoire personnelle" des candidats, tous d'anciens opposants à Saddam Husseïn. Abdel Aziz Hakim, chef du puissant Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII) et tête de liste de l'Alliance irakienne unifiée (AUI) majoritaire au Parlement, a apporté son soutien au gouvernement, tout en lui traçant une ligne de conduite. Il a demandé coup sur coup une "lutte sans merci contre le terrorisme", une purge des fidèles du président déchu Saddam Husseïn de tous les services de l'Etat, et aux membres du cabinet de ne pas dilapider les deniers publics et de ne pas passer leur temps à l'étranger. Il faisait allusion aux membres du cabinet Allaoui. Pour sa part, le vice-président irakien, le sunnite Ghazi Al-Yaouar, a demandé que soit complétée "dans les deux jours" la liste du gouvernement, en nommant notamment un sunnite au poste de ministre de la Défense. "Je souhaite que le gouvernement soit complété et nous refusons de le laisser en l'état", a-t-il dit à propos du cabinet. * Nouvelles attaques Sur le terrain, treize Irakiens, neuf civils et quatre soldats, ont été tués hier et vingt autres blessés dans des attaques dans plusieurs régions du pays, ont annoncé des sources sécuritaires. Quatre civils irakiens ont été tués et vingt autres blessés hier matin dans une attaque aux roquettes dans la ville de Moussaïeb, à 60 km au sud de Bagdad, selon des sources policières et hospitalière. "Quatre roquettes de type Katioucha ont été tirées en direction du bâtiment municipal, de la direction de la police et d'un centre de télécommunications", a indiqué le lieutenant de police Saad al-Maamouri, contacté à partir de Hilla, chef-lieu de la province de Babylone, à 40 km plus au sud. "Une seule roquette a explosé près d'un garage", a-t-il ajouté. A Samarra, à 125 km au nord de Bagdad deux soldats irakiens et un civil ont été tués par l'explosion d'une bombe contre un convoi américano-irakien, a affirmé Ali Joubouri, colonel de l'armée irakienne. Deux civils et un soldat irakien ont été tués par l'explosion d'une bombe à une trentaine de kilomètres au nord de la capitale irakienne, selon Assaad Sadad capitaine de l'armée irakienne. Près de Balad, à 70 km au nord de Bagdad, un soldat irakien et un civil ont également été tués dans l'attaque au mortier d'une base militaire américano-irakienne, selon le lieutenant Hussein Abbas. Près de Tikrit, à 180 km au nord de Bagdad, un civil irakien qui s'approchait d'un barrage et suspecté d'être un insurgé, a été tué par des tirs de soldats américains et irakiens, a affirmé le capitaine de police Ahmed Bayan. __________________________ Les sunnites appellent à la libération des trois Roumains Le Quotidien-Agences Le Parti islamique irakien, principale formation politique sunnite du pays, a appelé à la libération des trois otages roumains. Les trois journalistes ont été capturés le 28 mars dernier dans la banlieue de Bagdad. "Nous appelons à la libération des trois journalistes roumains et exhortons toutes les parties irakiennes à les aider à informer sur la réalité de ce qui se passe en Irak", écrit le parti dans son communiqué. "L'enlèvement de journalistes a un effet dévastateur sur l'Irak", a estimé cette formation en accusant "des forces anti-irakiennes de tenter par là de cacher aux yeux du monde ce qui se passe dans le pays". __________________________ Saddam fête ses 68 ans et a un "bon moral" Le Quotidien-Agences Saddam Husseïn, qui a fêté hier jeudi ses 68 ans, est "en bonne santé et a le moral haut", a déclaré le porte-parole du collectif de défense du président irakien déchu, au lendemain d'une visite à ce dernier en prison. L'avocat irakien "Khalil Doulaïmi a rencontré Saddam Husseïn, pour la deuxième fois, mercredi matin pendant six heures, au cours desquelles il l'a informé des développements politiques et judiciaires", a indiqué le porte-parole, Ziad Khassawneh, dans un communiqué. L'ancien président "est en bonne santé et a le moral haut", ajoute le texte, qui précise que les "détails de la rencontre seront publiés dans les prochains jours". Me Doulaïmi avait rencontré Saddam Husseïn pour la première fois le 16 décembre 2004 dans son lieu de détention.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com