Irak : Le nouveau gouvernement salué par un déchaînement de la Résistance





L'avènement du gouvernement irakien dirigé par le chiite Ibrahim Al-Jaafari a été salué hier par un déchaînement de la résistance à Bagdad et sa région où des dizaines de personnes sont mortes dans plus de dix d'attaques à la voiture piégée. Le Quotidien-Agences Ces attaques se sont produites moins de 24 heures après le vote de confiance par le Parlement au nouveau cabinet, où sept postes sont restés vacants, critiqué par les leaders sunnites, mais salué à Washington et dans d'autres capitales occidentales. Les attaques les plus sanglantes se sont produites dans les quartiers sunnites d'Adhamia et de Saligh dans la matinée d’hier. Ces quatre attaques ont fait 13 morts et 50 blessés. Sept soldats, deux policiers et quatre civils y ont péri, selon une source du ministère de l'Intérieur, qui a précisé que, parmi les blessés, figuraient 35 civils, 13 soldats et deux policiers. A Adhamia, où au moins une attaque est l'œuvre d'un kamikaze, les explosions ont éventré des immeubles et détruit plusieurs véhicules, laissant des corps calcinés ou démembrés, gisant dans des flaques de sang. En milieu de matinée, dans l'est de la capitale, deux autres attaques à la voiture piégée ont été commises à peu de temps d'intervalle, la première au passage d'un convoi de l'armée irakienne et la deuxième lorsque la police a voulu inspecter une voiture suspecte. EIles ont fait un tué et huit blessés dont des policiers. A Madaïen, à 30 km au sud de Bagdad, l'explosion de trois voitures piégées, dont une visait une patrouille de la police, a fait neuf morts, dont un policier et deux commandos du ministère de l'Intérieur et 35 blessés. En outre, dans une banlieue est de la capitale, une voiture piégée a explosé au moment de la prière de la mi-journée près d'une mosquée chiite, faisant un blessé. Dans la ville kurde d'Erbil, à 350 km au nord de Bagdad, deux personnes, un démineur et un civil, ont été tuées par l'explosion d'une bombe. A Bassorah, à 550 km au sud de Bagdad, un garde-frontière a été tué et deux autres ont été blessés par une bombe qui visait leur patrouille. Dans un communiqué, l'armée américaine a annoncé l'arrestation de sept personnes, suspectées d'avoir participé à des attentats à Bagdad et sa région. Un autre policier a été tué et onze autre ont été blessés dans une onzième attaque-suicide à Baâqouba, ont annoncé des sources militaire. * Le gouvernement accuse Un conseiller chiite à la sécurité nationale, Mouaffak al-Roubaïe, a vu dans ces attaques une tentative d'"allumer une guerre intercommunautaire" entre sunnites et chiites et de "créer le chaos et le désordre". Par ailleurs, un soldat américain a été tué et quatre autres ont été blessés, hier matin, par l’explosion d’une bombe près de Tikrit (nord de l’Irak), a annoncé l’armée américaine dans un communiqué. «Un soldat a été tué et quatre autres ont été blessés lorsqu'un engin explosif artisanal a explosé près de Hawijah à l’aube». Enfin, neuf Irakiens, en majorité des membres des forces de sécurité, ont été tués avant-hier soir et hier matin dans différentes attaques au nord de Bagdad, selon des sources de sécurité. «Deux civils voulant se faire recruter dans l’armée et un interprète ont été tués et sept autres candidats blessés hier matin dans des tirs de mortier sur une base militaire» à 30 km au nord de Bagdad, a indiqué à l’AFP un officier de l’armée, Hussein Abbas. Près de Doujayl, à 10 km plus au nord, un soldat a été tué et trois autres ont été blessés dans l’explosion d’une bombe hier au passage de leur convoi, a indiqué une autre source militaire. Dans la même région, un soldat a été tué et un autre enlevé dans une embuscade tenue par des rebelles, a indiqué un officier de l’armée. Près de Chorgat, un soldat et un rebelle ont été tués dans un accrochage tandis qu’un chauffeur de camion a péri dans l’explosion d’une bombe sur une route proche de Touz, selon des sources sécuritaires locales. La région au nord de Bagdad, où s’activent des groupes rebelles, connaît des attaques répétées contre les forces de l’ordre irakiennes. Sur le plan politique, 180 des 185 députés présents au Parlement de 275 sièges ont voté jeudi la confiance au cabinet d'Ibrahim al-Jaafari, fruit de longues tractations entre les partis vainqueurs des élections générales du 30 janvier. Mais ce gouvernement est incomplet puisque cinq ministères restent sans titulaires, dont les deux stratégiques que sont la Défense, promise aux sunnites, et le Pétrole. Avant d'obtenir la confiance, Jaafari avait indiqué que la sécurité était sa priorité absolue. ___________________________ Gouvernement irakien: Le monde arabe sceptique Le Quotidien-Agences Les pays arabes sont restés sceptiques sur la capacité du premier gouvernement irakien d'après les élections générales de janvier à contenir la violence et à ramener la stabilité dans le pays. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a indiqué que son pays "accueille favorablement cette étape essentielle du processus politique irakien, qui comprend notamment la rédaction d'une Constitution", tout en estimant que les "tiraillements (entre les diverses communautés irakiennes) vont se poursuivre et que l'instabililité va durer encore quelque temps". Oussama Saraya, directeur de la rédaction de la revue gouvernementale Al-Ahram Al-Arabi, a estimé que "l'hiver politique va se prolonger en Irak". "Nous souhaitons que l'Irak connaisse un printemps politique, mais c'est hélas l'hiver politique qui se prolonge", a-t-il dit, en incriminant la faiblesse d'une "classe politique venue de l'étranger" pour diriger ce pays après la chute du président Saddam Husseïn. Pour les journaux du Golfe, qui se font généralement écho des positions officielles, le nouveau gouvernement irakien, qui a laissé vacants plusieurs ministères importants, dont ceux de la Défense et du Pétrole, va être confronté à d'énormes défis. "C'était une naissance par césarienne (...), les pressions étaient fortes (...) Washington est intervenue ouvertement pour en finir" avec les tractations de plusieurs semaines entre les vainqueurs des élections générales du 30 janvier, écrit le quotidien Al-Bayane (Emirats arabes unis). Satisfaction en revanche à Téhéran où le président Mohammad Khatami a offert à son voisin la coopération de la République islamique dans plusieurs domaines. Dans une lettre adressée au Premier ministre irakien Ibrahim Al-Jaafari, un chiite, et reproduite vendredi par les médias iraniens, Khatami dit sa "satisfaction" de voir celui-ci accéder au pouvoir. "La période que le peuple et le gouvernement irakiens traversent est vitale, elle nécessite de la vigilance et la préservation de l'unité nationale", ajoute Khatami. ___________________________ Dans une nouvelle cassette : Zarqaoui appelle à la «fermeté» contre les Américains Le Quotidien-Agences Le chef du réseau Al-Qaïda en Irak, Abou Moussab Al-Zarqaoui, appelle à intensifier la lutte contre les soldats américains dans ce pays, selon un enregistrement audio qui lui est attribué, mis en ligne hier, au lendemain de l'approbation du nouveau gouvernement. Ce message, intitulé "O fils de la nation islamique: la fermeté, la fermeté", appelle les résistants irakiens à poursuivre leurs attaques contre les forces américaines dans le pays. "O caravanes des moudjahidines, partez avec la bénédiction d'Allah. Ne laissez pas un convoi passer (...). (Que vos explosions) transforment leurs nuits en jours", dit la voix de ce message qui semble bien être la même que celle des précédentes cassettes attribuées à Zarqaoui. Certains éléments mentionnés dans le message font penser que celui-ci a été enregistré après le 19 avril. Le dernier message attribué à Zarqaoui avait été diffusé le 23 janvier. Il appelait à une "guerre farouche" contre les élections en Irak destinées selon lui à donner le pouvoir aux chiites, que les fondamentalistes sunnites d'Al-Qaïda considèrent au mieux comme des apostats.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com