Les jeunes et les concessions : D’accord sur le principe, mais touche pas à ma dignité





Les jeunes sont d’accord sur le principe de faire des concessions pourvu que cela ne se fasse pas au détriment de leur dignité. Tunis-Le Quotidien D’aucuns avouent aujourd’hui que dans n’importe quel type de relation, les concessions sont indispensables. Il en faut pour avancer diront les plus pragmatiques. Mais jusqu’où nos jeunes concitoyens peuvent-ils aller lorsqu’il s’agit de faire des concessions ? Quand est-ce qu’ils acceptent ce principe ? Et quand est-ce qu’ils le refusent ? Abdessalem Abou Massâoud, étudiant, est catégorique sur la question des principes. «Jamais je ne conçois une concession lorsqu’il y va de mes principes. D’ailleurs, je n’accepte pas par exemple qu’on intervienne dans mes affaires personnelles». Dans ce cas, notre interlocuteur campe sur ses principes et ne rentre même pas dans la discussion. Par contre, il n’hésite pas à renoncer à tout ce qui relève du matériel. «Mais pas question qu’on touche à ma dignité qui reste au-dessus de toutes les considérations», dit-il. Ce qui fait que plus tard, quand il va fonder un foyer, Abdessalem posera des conditions dès le départ. Il fera part de ses positions et essaiera tout de même de trouver un terrain d’entente avec sa future partenaire. Olfa Madyouni, étudiante également, partage l’avis de Abdessalem. Le seul contexte où elle est sûre d’accepter de faire des concessions «c’est l’argent». La différence c’est qu’elle n’est capable de le faire qu’uniquement avec ses parents. Cependant, «on ne joue pas avec ma dignité. Car celle-ci est une condition irréversible pour la vie», dit-elle. En effet, la plupart de nos interlocuteurs sont unanimes sur la question de la dignité. Sarra Kammoun, Imed Kechrid et Raoudha Ouni, tous les trois étudiants, ne pensent qu’à leur dignité justement. «Dès qu’on fait allusion aux concessions, je précise d’emblée que j’accepte le principe si cela ne touche pas ma personnalité et n’a rien à voir avec mon amour-propre», explique Sarra. Et Imed de confirmer cet avis : «Ma fiancée sait très bien à quoi s’en tenir. Elle n’aborde jamais ce sujet avec moi si elle a le moindre soupçon que ma dignité peut être en jeu». Mohamed Sassi et Skander Bouziri, élèves, ne font pas exception à cette règle. Pour ce qui est de Mohamed, il avoue «On ne peut pas me convaincre de faire une concession par rapport aux valeurs». Sinon, à un degré moindre, il peut faire plaisir à des gens. «Je peux par exemple donner mon argent de poche à ma sœur ou accepter qu’elle en reçoive à ma place». Toutefois, il est impensable pour lui que «la religion et ses parents soient mis en question. Impossible d’y penser», répète-t-il. Skander aussi peut faire la même chose quand il s’agit d’argent. Il n’insiste pas non plus sur ses positions. Mais «dignité, personnalité et virilité» sont les trois indiscutables. «Peut-être que j’accepterais de faire une concession sur autre chose pour sauvegarder ma dignité, ma personnalité ou ma virilité», dit-il. M.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com