Le diplomate américain James Rentshler : «Les Etats-Unis n’ont pas le droit d’aller n’importe où et de faire n’importe quoi !»





Le débat sur “le rôle des médias dans la société démocratique” implique de nos jours toutes les communautés humaines. Un tel débat ne peut être que fructueux lorsqu’il confronte les expériences des journalistes de divers pays et tient compte des spécificités locales, des difficultés et des handicaps sur lesquelles butent les hommes des médias dans leur quête de la vérité. Le Quotidien-Agences Le rôle des médias dans la société démocratique a été le thème central de la rencontre organisée récemment à l’ambassade américaine. Au cours de cette rencontre, quelques journalistes tunisiens ont échangé les points de vue avec l’ambassadeur américain James Rentschler. James Rentschler est un vétéran de la diplomatie américaine. Ayant commencé sa carrière en 1959, il a sillonné plusieurs pays en Amérique, en Afrique et en Europe. Il a également, tout au long de sa carrière, maintenu des liens très étroits avec le monde médiatique. Sollicité sur les questions de l’heure et notamment sur la guerre en Irak, James Rentschler s’est explicitement prononcé contre l’entrée en guerre de son pays en Irak considérant que les chances de la paix et des négociations n’avaient pas encore été épuisées. Il a également considéré que les Etats-Unis n’ont pas le droit “d’aller n’importe où et de faire n’importe quoi”. * Un rôle de premier ordre Introduisant le sujet débattu, James Rentschler a d’emblée souligné qu’il n’a pas l’intention de “donner des leçons” aux journalistes tunisiens présent à l’occasion sur ce que doit être le rôle des médias dans la promotion de la démocratie. Après avoir mentionné les difficultés du métier du journaliste, il s’est penché sur l’évolution historique de la presse aux Etats-Unis. “La presse américaine a, au fil des décennies, énormément changé”, dit-il. Procédant par une méthode de périodisation, le diplomate américain a dégagé une première étape où la presse américaine se gardait de révéler toute la vérité sur les hommes politiques du pays. Par pudeur ou par délicatesse envers les dirigeants politiques, les journalistes américains se gardaient de s’étaler surtout sur la vie privée des responsables politiques. “C’est ainsi que le grand public ne savait pas que l’ancien président des Etats-Unis Roosevelt était paralysé”, soutient-il. Mais à partir de la guerre du Vietnam, il y a eu selon lui, un changement sensible dans le contenu et le style du journalisme américain. “C’est qu’avec l’accès massif à la télévision, le public a pu constater les horreurs de la guerre” dit-il. Les médias ont également joué un rôle de premier ordre dans l’éviction du président Richard Nixon à la suite de l’affaire du Watergate. Faisant part de sa propre appréciation du rôle du journalisme dans les sociétés démocratiques, l’ambassadeur américain a cité le dirigeant historique de l’indépendance des Etats-Unis qui a dit “Si je devais choisir un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement je ferai le deuxième choix”. Abdelmajid HAOUACHI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com