A cause du retrait de Gaza : «Le penseur» favori de Bush démissionne





Celui dont George W. Bush a fait une vibrante apologie, le ministre israélien chargé des relations avec la diaspora Nathan Chtcharansky, a démissionné hier du gouvernement pour protester contre le retrait de la Bande de Gaza. Le Quotidien-Agences Auteur d'un livre intitulé "the Case for Democracy", (la cause de la démocratie), Chtcharansky avait été longuement reçu par M. Bush à la Maison-Blanche le 11 novembre 2004, le jour du décès de chef historique des Palestiniens Yasser Arafat. Le président américain avait ensuite vanté à plusieurs reprises l'ouvrage qui prône une "démocratisation du monde arabe". "Si vous voulez avoir une idée de ce que je pense à propos de la politique étrangère lisez Nathan Chtcharansky (...) c'est un grand livre, je recommande aux gens de le lire", a affirmé Bush lors de différentes interviews ces derniers mois. Plusieurs médias américains ont présenté le livre comme une sorte de "manifeste" de la politique de l'administration Bush au Moyen-Orient. Chtcharansky ne s'est toutefois pas contenté de faire le panégyrique de la démocratie, il s'est aussi situé très à droite dans l'espace politique israélien. Il s'est ainsi opposé au plan du Premier ministre Ariel Sharon de la Bande de Gaza et des 8.000 colons israéliens installés dans cette région prévu en principe à la mi-août. Membre du Likoud, le grand parti de la droite, il faisait partie des "rebelles" soutenus par le lobby des colons, qui n'ont cessé de contester le projet d'Ariel Sharon. "Ce plan constitue une erreur tragique qui nous coûtera cher et qui va encourager le terrorisme", a-t-il expliqué à la radio militaire. Dans sa lettre de démission, il estime que le retrait va "provoquer une terrible cassure et malheureusement le gouvernement ne fait rien pour l'éviter". Pour marquer son opposition, le ministre démissionnaire a passé la semaine dernière trois jours durant la fête de Pessah (la Pâque juive) à Atzmona, une colonie de la Bande de Gaza, qui doit être démantelée. Chtcharansky était considéré comme l'oppposant le plus virulent au retrait au sein du gouvernement depuis le départ l'an dernier d’Uzi Landau, un ministre sans portefeuille, chef de file des "durs" du Likoud ainsi que des ministres de l'Union Nationale et du Parti National Religieux, deux formations d'extrême-droite. Le député d'opposition d'extrême-droite, Effi Eytan, s'est félicité de cette démission "qui constitue une grande victoire du camp opposé au retrait et devrait constituer un exemple pour les ministres du Likoud qui sont contre ce projet mais refusent de renoncer à leur portefeuille". Roman Bronfman, du parti Yahad (opposition de gauche) a en revanche assimilé le départ de Chtcharansky "à une faillite d'un combattant de la liberté devenu un homme de guerre et un partisan de l'occupation" israélienne des territoires palestiniens. Il faisait ainsi allusion au passé de Chtcharansky le plus célèbre des "refuzniks", ces juifs soviétiques auxquels Moscou refusait l'autorisation d'émigrer vers Israel. Ses activités lui avaient valu neuf années de prison sous l'accusation d'espionnage au profit des Etats-Unis. Il avait été ensuite libéré en 1986 lors d'un échange d'espions entre l'URSS et l'Occident dans la plus dure tradition de la guerre froide. Il avait été ensuite accueilli en héros à son arrivée en Israel avant d'entrer en politique. Cht charansky a été successivement ministre du Logement, de l'Intérieur et du Commerce et de l'Industrie tout devenant de plus en plus "faucon".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com