Recul de l’âge du mariage en Tunisie : Célibataires endurcis… et fiers de l’être !





Le célibat est en passe de devenir un phénomène de société en Tunisie. Plus ouverts, plus indépendants et plus instruits, nos concitoyens ont désormais d’autres chats à fouetter avant de convoler en justes noces. Tunis - Le Quotidien L’Union sacrée est en train de perdre de plus en plus ses titres de noblesse dans nos murs. Les enquêtes démographiques montrent incontestablement une montée en flèche du célibat qui touche actuellement 48,4% des hommes et 40% des femmes selon les dernières statistiques. Chiffres encore plus révélateurs: le taux du célibat dans la tranche d’âge 25 - 29 ans vient d’atteindre 85% chez les hommes et 50% chez les femmes. Pour la tranche d’âge 30 - 34 ans, ce taux est de l’ordre de 50% chez les hommes et 30% chez les femmes. Une récente enquête sur ce phénomène montre que le célibat définitif est très marginal puisque la constitution d’un couple demeure un objectif primordial. Les sociologues estiment que le facteur économique représente une véritable épée de Damoclès pour les jeunes d’autant plus que les préparatifs pour le mariage qui commencent par les fiançailles pour se terminer pas une grande cérémonie, coûtent une véritable fortune. M. Tarek Chlagou, étudiant en 3ème cycle, âgé de 27 ans, pense que “les raisons économiques et financières constituent l’un des facteurs à l’origine du recul de l’âge du mariage”. Et d’ajouter que “les longues études et l’accumulation des diplômes ont également contribué à la consolidation du célibat”. * Occidentalisation des mœurs... Indépendamment du facteur économique, d’aucuns mettent à l’index l’occidentalisation des mœurs. “Les jeunes sont actuellement plus ouverts, instruits et épanouis. Ils ont d’autres priorités que de fonder une famille”, souligne M. Yassine Tchini, diplômé de l’enseignement supérieur, demandeur d’emploi. “C’est une nouvelle génération de célibataires et fiers de l’être qui est en train de voir le jour”, renchérit M. Tchini. Agé de 34 ans, M. Abderrazak Messaoudi, professeur d’enseignement secondaire, fait partie de ces célibataires endurcis qui n’ont pas l’intention de convoler en justes noces. M. Messaoudi précise que la libéralisation des mœurs a fait que les filles d’Eve arabes sont généralement très possessives alors que les hommes ont besoin d’une marge de liberté.Ce célibataire endurci avoue, cependant, que le statut de célibataire provoque un certain “déséquilibre psychologique”, puisque l’être humain a toujours besoin d’une certaine affection. Mlle Soumaya Frikhi, étudiante, se fait déjà des soucis et craint le “célibat forcé”. D’après elle, ce sont “les hommes qui se trouvent souvent tiraillés entre le besoin de fonder une famille et le besoin de garder leur indépendance et leur liberté”. Agée à peine de 20 ans, Soumaya confie qu’elle ne fait plus confiance à ces hommes qui “papillonnent” d’une fille à une autre et collectionnent les “conquêtes féminines”... Walid KHEFIFI ______________________ Les “psy” tirent la sonnette d’alarme... Dr. Imed Regaïeg, psychologue, révèle que 30% des célibataires tunisiens, au moins, ne veulent pas se marier pour des raisons multiples. Parmi les raisons de ce célibat choisi, Dr. Regaïeg cite les difficultés de communication et la “psychose de l’union” résultant notamment des déceptions vécues par le passé. Dr. Regaïeg souligne, toutefois, que le célibat engendre des troubles psychologiques parfois graves. Il s’agit notamment des troubles dépressifs et nerveux qui rendent le sujet irritable et constamment nerveux en raison des besoins non-assouvis et des troubles de sommeil et de caractère qui pourraient se répercuter négativement sur sa vie professionnelle... W.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com