Téhéran annonce la reprise de ses activités nucléaires





L'Iran a annoncé hier, en pleine conférence de l'Onu sur la prolifération, qu'il allait reprendre sous peu certaines activités nucléaires sensibles qu'il avait suspendues. Téhéran a cependant assuré que cette reprise ne remettait pas en cause la suspension de l'enrichissement d'uranium ni la poursuite des tractations avec l'Europe. Le Quotidien-Agences "Très certainement, une partie de nos activités va reprendre", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi, au moment où est réunie la conférence de l'Onu sur le Traité de non-prolifération (TNP) pour tenter de contenir les activités scabreuses, à commencer par l'enrichissement. "Nous sommes en train de discuter pour savoir quelles activités, mais cela ne concerne pas l'enrichissement", a dit Assefi à la presse. "Attendez sept ou huit jours" pour connaître la décision. Les négociations avec l'Union européenne "se poursuivent et, tant qu'elles continuent, la suspension de l'enrichissement continue", a-t-il ajouté. L'Iran a accepté en novembre auprès des trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) de suspendre toutes ses activités relatives à l'enrichissement, contre l'ouverture de négociations en vue d'un accord de coopération technologique, commerciale et politique avec l'UE. Les Iraniens ont cependant signifié leur mécontentement après de nouvelles négociations vendredi à Londres en annonçant qu'ils pourraient reprendre la conversion d'uranium. Ils assurent que reprendre la conversion ne signifie pas reprendre l'enrichissement, dont elle est un préalable. Pour la communauté internationale, un renoncement permanent des Iraniens à l'enrichissement, après des années de dissimulations de la part de la République islamique, constituerait la garantie la plus probante du caractère purement civil des activités iraniennes. L'uranium faiblement enrichi fournit le combustible pour les centrales nucléaires civiles mais, hautement enrichi, il peut servir à des armes nucléaires. * Crédibilité Le régime de non-prolifération, sévèrement ébranlé par les querelles iranienne et nord-coréenne, "ne sera pas crédible si davantage d'Etats développent les phases les plus sensibles du cycle du combustible nucléaire et se dotent de la technologie de produire une arme en peu de temps", a dit lundi le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan. Et une reprise de l'enrichissement "conduirait à l'arrêt des discussions", a prévenu le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer. L'accord de novembre entre Iraniens et Européens stipule que la suspension s'applique à "toutes les activités relatives à l'enrichissement et à la conversion". Une rupture pourrait se traduire pour l'Iran par la saisine du Conseil de sécurité de l'Onu, ardemment préconisée par les Etats-Unis. "La partie européenne sait que nous n'avons pas peur des menaces", a répondu Assefi, "cette rhétorique est sans effet sur l'Iran". Il a réaffirmé la détermination à enrichir. "L'Iran ne renoncera pas à ses droits légitimes". Il a évoqué un changement récent dans la tournure des négociations avec les Européens: "Nous avons l'impression que la plupart des Européens se sont rendus aux propositions iraniennes, mais ce sont les Américains qui s'y opposent". Aucun nouveau rendez-vous n'a été pris pour l'heure avec les Européens, a-t-il dit. Il a assuré que la présidentielle iranienne, prévue le 17 juin, n'avait aucune influence alors qu'elle passe pour compliquer la prise de décision à Téhéran. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a confirmé lundi le soutien américain apporté pour l'instant aux efforts diplomatiques européens. Mais l'Iran attend à New York "qu'on fasse en sorte que les installations nucléaires des différents pays ne puissent pas être la cible d'attaques". Les installations iraniennes sont citées depuis des mois comme les cibles possibles d'attaques américaines ou israéliennes.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com